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"Chine : chaos, éclat de rire devant le droit de l'homme. Un mobile : l'argent. Un but : l'or. Une adoration : la richesse". La chine est en folie. Albert Londres, 1925.

 

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A Nanjing, dans les pas de Kessel, Londres et les autres

Malraux y a écrit son oeuvre magistrale, la Condition humaine. Albert Londres y a relaté le chaos des années 20. Joseph kessel s'est enthousiasmé de sa puissance latente. Avec leur style respectif, leur regard, ils ont tenté d'apprivoiser le dragon dormant. La Chine. Mais elle s'est réveillée et elle a faim. De leur témoignage, il ne reste plus rien. Sauf le souvenir d'un cliché d'une Chine du vingtième siècle. Le XXIe lui tend les bras. Elle le fera. Sans Mao et sans confucius. Quelques décennies plus tard, un journaliste rêveur part sur les traces de ceux aujoud'hui consacrés au Panthéon de la presse.

Mes articles ne pourront jamais intéressés un journal. Je ne m'intéresse pas aux puissants. Les médias officiels s'en chargent bien suffisamment. La Chine que j'aime, qui me surprend, qui me révolte est celle qu'on découvre en bas de chez soi. Dans la rue. Je raconte mes rencontres avec ce peuple, son quotidien, sa condition, ses curiosités. Et depuis mon arrivée je ne cesse de révoir mes interprétations, mes visions. De mes sentiments, ils se cubultent entre compassion, impertinence, approbation, estime...

Pas besoin de partir en voyage initiatique au fin fond de la Chine pour saisir la variété de ces différences. Il suffit simplement d'aller jeter un oeil derrière ces nouveaux building, symbôle d'une Chine conquérante qui prend modèle sur l'occident. Alors on y découvre qu'elle est loin d'avoir perdu son âme.

 Dans le souffle de son sillage...

Dimanche 16 avril 7 16 /04 /Avr 18:13

Encore sous-estimée, l'émigration des jeunes français connaît une explosion sans précédente. Leur leitmotiv : profiter d'un ascenseur social qui est en panne en France.

Il y a quelque temps j’avais lu un dossier dans le magazine Challenger sur ces Français qui s’expatrient en Chine. L’auteure rappelait sans cesse que si on ne pouvait faire valoir un diplôme d’école de commerce (les plus prestigieuses bien sûr) ou d’une école d’ingénieur, il valait mieux s’abstenir à toute expatriation. Et que la raison du chômage et de la galère de la précarité en France ne pouvait être la cause de ce choix. Elle les appelait gentiment et naïvement les bras cassés (çà du lui être soufflé). Ce qui m’avait choqué à l’époque. Pour étayer ses dires, elle avait relayé les mots d’ordre des grandes institutions qui soi disant planchent sur l’expatriation et donnent des conseils et ceux des grands groupes français implantées en Chine. Comme quoi la madame ou la mademoiselle aurait mieux s’abstenu de s’enflammer dans son papier et aurait du prendre du recul. On embauche vraiment n’importe qui dans les grands canards ! Elle est l’image du journalisme bien-pensant qui ne prend pas la mesure des oppositions ou du moins d’une autre parole. Autre parole qui décrit plus une réalité que des fantasmes. Calquant bêtement les conditions de recrutement en France à ceux de la Chine, son papier partait dès le départ dans une mauvaise direction, loin des réalités. Elle aurait pu s’informer déjà sur un phénomène nouveau qui est la croissance de la vague d’émigration des jeunes français à l’étranger. Deuxièmement elle aurait pu s’informer sur les belles réussites d’expatriés qui avec ou sans diplômes ont su tirer leur épingle du jeu. Troisièmement, elle aurait pu s’informer sur les critères de recrutement opposés à la frilosité de nos patrons français.

Ce type de papier a encore de beaux jours devant lui. Sollicitant les rédactions pour proposer une autre réalité, je me suis vu refouler sans explication. « Vous donnez de l’espoir à des jeunes gens qui ne sont pas armés pour partir », un rédacteur en chef me rétorqua une fois. « Et quelles armes, je lui répondis, le diplôme absolu ». Sa réponse était attendue : un oui sans bavure sûr de sa certitude. Alors expliquez-moi pourquoi un jeune receleur de téléphone portable en France a réussi en Chine ce qu’il nous pouvait pas en France : monter une entreprise des plus légales dont le chiffre d’affaire ne cesse de croître. Des exemples, j’en vais à la pelle. Le tout diplôme est une attitude purement française. Où les compétences techniques sont mises en avant, où la question de ce que vous savez faire n’est jamais posé. Point de diplôme ou du diplôme adapté point de salut. Le chômage des jeunes en France avec ce type de mentalité n’est pas près d’être résolu. Et lorsque j’entends qu’à lui seul l’allègement du contrat de travail permettrait la fin progressive du chômage. Il y a vraiment de quoi s’énerver. Je devais rentrer en France en juillet. Ma mère qui est loin d’être une aventureuse m’alerta : « que vas-tu faire en France ». Plombier, pourquoi pas ? Ou alors agent d’entretien. Il paraît qu’on recrute en nombre. « Bonjour, j’ai un Dess de géopolitique européenne, je suis un garçon très enthousiaste à savoir que je vais nettoyer la merde des autres ». « Pourquoi je veux travailler chez vous, connard parce que j’ai besoin de tunes pour payer mon loyer de 20 m2, m’acheter mon paquet de nouilles au Lidel ».

Je suis tellement mieux en Chine.

Par Guillaume - Publié dans : géopolitique
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Dimanche 16 avril 7 16 /04 /Avr 18:12

Le contrôle de la politique familiale en Chine est une des plus restrictives au monde. Néanmoins, si la politique de l’enfant unique a été reconduite, les termes de son application ont été allégés.

 

Le gouvernement relâche sa pression sur la politique familiale. La restriction de l’enfant unique reste l’apanage mais les sanctions envers les familles qui choisissent plusieurs enfants ont été allégées. L’autorisation pour avoir un enfant auprès du comité de quartier n’est plus systématique. Néanmoins les familles qui choisissent de ne pas respecter l’enfant unique doivent s’acquitter d’une taxe restant encore fortement onéreuse pour la majorité de la population. La politique de l’enfant unique a donc de beaux jours devant elle. Pour autant ce virage en douceur doit prévenir d’une baisse importante de la population qui aura des effets économiques indéniables sur la vitalité du pays. Ce que les autorités redoutent. La formidable croissance de ces vingt dernières années pourrait se retrouver menacée. Un de secrets de sa réussite est son nombre. La Chine compense sa très mauvaise productivité par cette dernière.

Dans un village proche de Nanjing, les chefs de village, dépositaires de l’autorité où s’harmonisent des traditions teintées de tribalisme et le zèle réglementaire propre au communisme, semblent bien loin des nouvelles intentions du gouvernement sur l’allègement du contrôle de la politique familiale. Un jeune couple n’ayant pas l’âge requis pour se marier (l’âge légal est de 22 ans) passe outre la loi et s’unissent officieusement. Personne ne trouve à redire. Dans le village ce n’est un secret pour personne. La femme vit chez l’homme, symbole de leur union. Mais tout se gâte lorsque la jeune mariée tombe alors enceinte. Les chefs de village font alors pression sur les mariés pour qu’ils procèdent à l’avortement. Les uns et autres campent sur leur position, jusqu’au jour les autorités menacent d’emmener de force la jeune femme dans le centre le plus proche. Elle s’enfuit, l’homme restant au village. Elle se cache dans sa famille, mais elle est retrouvée par les chefs du village. Une nouvelle fois elle fait ses valises et part se réfugier chez son ancienne nourrice. Elle est de nouveau retrouvée. Elle est harcelée. Devant l’impasse, le jeune marié cache sa femme dans l’entreprise où il travaille, dont le directeur est un Français. Parmi les bureaux, la salle de repos est transformée temporairement en refuge. Le jeune marié ne peut pas cacher la vérité à son patron. Plein d’empathie face à un problème dont personne ne comprend les ressorts, il autorise son ouvrier à cacher sa femme dans l’entreprise. Son accouchement ne devrait plus tarder et le jeune entrepreneur français prend un soin particulier à surveiller le moindre intrus. « Je les attend. Et s’ils osent pénétrer dans mon entreprise, ils sauront de quel bois je me chauffe », me confie-t-il. La situation semble s’être calmée. La protection d’un patron étranger semble refroidir les ardeurs des chefs de village. Mais reste encore la question de l’infanticide. Et par précaution elle devra encore se cacher. « Ils n’ont pas le droit d’avoir d’enfants s’ils ne sont pas mariés. Mais là je ne vois pas le problème », s’interroge cet ami français.

Pour ceux qui veulent faire une petite mise au point sur la politique de l’enfant unique, je les renvoies sur le blog de Céline qui a réalisé un très bon topo de la réglementation.

Par Guillaume - Publié dans : petites curiosités
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Dimanche 16 avril 7 16 /04 /Avr 13:24

Périple d'un automobiliste souhaitant aidé une victime d'accident et qui est confronté au jeanfoutisme des autorités.

L’histoire est hallucinante et met en lumière sur l’état chaotique de la prise en charge des victimes d’accident. Elle m’a été rapportée par un ami français. Un de ses collègues chinois, revenant de mission, est arrêté par un chauffeur routier en panique qui venait de renverser un cycliste (Il était sur un vélo à moteur électrique). Il appelle la police mais celle-ci peut enclin à répondre à l’urgence lui dit de se débrouiller avec le blessé et de l’emmener à l’hôpital le plus proche. Embarrassé, il prend ses précautions et fait des photos. Au cas où la situation se retournerait contre lui. Il met le blessé dans sa voiture et part à la recherche d’un hôpital le plus proche dans la banlieue de Nanjing. Il en trouve un premier. On lui rétorque qu’ils ne peuvent pas prendre le blessé, ils sont seulement un centre de soin de quartier. Son état est trop grave. Il ne reçoit aucune aide de la part du centre de soin. Il doit se débrouiller encore une fois et file vers un autre hôpital. Après une dizaine de kilomètres, il en trouve un autre. Il se fait encore une fois refoulée, le blessé allongé sur sa banquette arrière, dégoulinant de sang. On lui fait remarquer que c’est une clinique privée qui dépend des entreprises environnantes. Il se décide alors d’aller dans le centre-ville de Nanjing. Sur la route il croise des policiers. Ses derniers veuillent bien l’accompagner mais arrivés aux abords du centre ville, il le laisse en plan. Sans perdre de temps il se dirige vers l’hôpital central, sûr qu’on veuille bien prendre en charge le blessé. Arrivé enfin aux urgences, les médecins constatent le décès. L’homme avait 50 ans et deux enfants. Il faisait tous les jours des dizaines de kilomètres pour trouver des petits boulots. Il n’y aura peut-être pas de suite. La police n’est pas venu constater l’accident et la victime est décédée dans l’indifférence d’un système qui privilégie la rentabilité.

Au regard de cette histoire, la Chine a encore un long parcours pour être considéré comme un pays développé et non plus en voie de développement. Si on s’arrête aux seuls chiffres de la croissance, de son PIB et des transactions, elle est dans le peloton de tête des pays industrialisés. Néanmoins, elle ne gagnera ses galons que le jour où son système social dépassera l’esquisse et l’ébauche.

Le système de santé en Chine est en pleine réforme, la loi du marché et le manque de régulations contribuent aux pratiques douteuses. Il y a l’hôpital pour les gens aisés et les pauvres. En appui sur cette affirmation, je joins un article du centre de recherche pour le développement international situé au Canada : http://archive.idrc.ca/books/reports/2001/04-02f.html

 

Par Guillaume - Publié dans : petites curiosités
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Samedi 11 février 6 11 /02 /Fév 11:29

Le mois dernier, un bizutage dans l’armée russe qui a tourné au drame faisait la une des médias internationaux. L’intervention du comité des mères de soldats a permis de mettre en lumière ses brimades gratuites et l’état de décomposition de l’armée russe. Le bizutage violent et humiliant n’est pas l’apanage de la seule armée russe. En Chine, cette pratique est courante. Une amie chinoise dont un de ses amis (dit frère) a intégré l’armée le confirme en rapportant son histoire. A la sortie de l’université, discipliné, il choisit de rejoindre l’armée au simple titre de soldat de deuxième classe alors qu’il pouvait intégrer immédiatement l’école des officiers. « Il voulait être imprégné du quotidien des soldats afin de mieux les commander plus tard ». Un choix étonnant compte tenu de la course à l’ascenseur social qui anime le pays. Il tomba de haut. Lors des classes (période à laquelle tout nouveau bleu reçoit un formatage et acquiert les bases de la vie militaire), il subit avec ses collègues de promotion de nombreuses brimades qui vont du tabassage collectif en passant par manger ses excréments. Racket, vol, sous couvert d’une discipline de fer est alors son lot quotidien pendant cette période de transition. « Les officiers supérieurs sont complices. Ils ne participent pas directement mais ils ferment les yeux ». Les témoignages sont rares et tout ce qui touche à l’uniforme provoque une certaine crainte ou réserve. Cette amie n’a pas justifié ces actes. Ni indignée, ni ton réprobateur, sa parole s’apparentait à de la fatalité ou au commun.

Par Guillaume - Publié dans : albertchine
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Vendredi 10 février 5 10 /02 /Fév 06:37

Wu Xianghu avait dénoncé l'arbitraire policier à Taizhou.

par Philippe GRANGEREAU (Liberation)
mardi 07 février 2006

Les journalistes chinois qui font leur travail risquent souvent la prison et parfois la mort. Wu Xianghu, le rédacteur en chef adjoint du journal de la ville de Taizhou, dans l'est de la Chine, est décédé le 2 février, des suites de ses blessures, infligées par des policiers contrariés par l'un de ses articles. Publié le 19 octobre dernier, celui-ci épinglait les tarifs excessifs pratiqués par la police d'un district de la ville pour l'obtention d'un permis de conduire. Le chef de la police de la circulation s'est rendu dans les locaux du journal afin d'exiger des excuses publiques pour cette stigmatisation, très inhabituelle en Chine, de l'arbitraire policier. Devant le refus de la rédaction, celui-ci a appelé à la rescousse une cinquantaine de policiers qui ont rossé Wu Xianghu devant ses collègues. Il a été hospitalisé peu après. Les médecins ont diagnostiqué une très grave lésion du foie du journaliste qui avait subi une transplantation de cet organe deux ans plus tôt. Une autre opération a été tentée pour le sauver. En vain. «Je suis fier de lui car c'était un excellent journaliste qui a toujours recherché la liberté de parole», proclamait sa veuve le lendemain de sa mort. Mais hier, sans doute en raison des pressions policières, elle regrettait de «ne plus pouvoir s'exprimer au téléphone». Après que la presse étrangère, puis chinoise, a relaté l'incident, les autorités ont annoncé que le policier responsable, Li Xiaoguo, avait été «exclu du Parti communiste» puis «discipliné». Il y a peu de chances qu'il soit jugé, comme le souhaite la rédaction de Taizhou-Soir. Les autorités ont interdit à la presse chinoise d'annoncer le décès du reporter.

L'intolérance du pouvoir envers les rares journalistes qui ne pratiquent pas l'autocensure s'est faite plus manifeste ces dernières semaines. Un reporter de Fuzhou a été condamné fin janvier à trois ans de prison pour avoir «propagé des informations alarmistes» (mais exactes) sur une épidémie de dengue en 2004 dans le Fujian. Deux autres reporters se sont vu infliger des peines allant jusqu'à dix ans de prison pour avoir édité un magazine sans autorisation. Les censeurs ont aussi fait fermer le supplément du Quotidien de la jeunesse de Chine, connu pour ses articles dérangeants.

Par Guillaume - Publié dans : Veille de la presse
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