Je suis assez fier de ce reportage. Pour autant au départ ce n'était pas gagné. Rappel des faits : Ponpon, sous-entendre Christian Poncelet, président du Sénat et du conseil général des Vosges, faisait son petit tour de seigneur dans l'Ouest des Vosges, se réquérir des doléances des patrons locaux. Petit passage à la Sorepla, une entreprise située à Neufchâteau spécialisée dans le recyclage de bouteilles de plastiques. Toute la presse locale est là. Présentation chiffrée de la boîte et visite de l'usine. Jusqu'ici rien de vraiment intéressant. Ce genre de reportage fait partie des maronniers (dans le jargon journalistique, sujet qui revient souvent et qui comble un trou dans la page. Valeur journalistique : proche du zéro).
Un peu endormi, le patron se réveille enfin pour se geindre de la concurrence chinoise. Un déclic et mes neurones jusqu'ici en veille frivolent. "Ils nous coupent l'herbe sous le pied", insiste le patron. "Comprenez, ils vont s'apprivosionner directement sur le marché secondaire auprès des déchetteries des collectivités locales et surenchérissent". Le patron explique : "on ne peut pas suivre. Pas avec les normes environnementales qu'on nous impose et qui font bondir nos coûts". Ces sacrés chinois proposent le double de ce que peuvent proposer les européens et n'ont pas les même normes. Et confidence (pas sur l'oreiller) du patron au petit journaliste que je suis : "ils m'ont déjà faire une offre pour venir bosser chez eux. Ils m'offraient l'usine et le personnel clés en main. J'ai refusé". Le lobby du recyclage plastique, Valorplast, est également présent et insiste sur la menace. Un mois plus tard, une directive est votée favorisant la préférence communautaire. Out les chinois. Néanmoins, ce qui a été le plus amusant dans cette rencontre, c'est le dialogue de sourd entre Ponpon et le patron de la Sorepla (ancien président de la maison des industries de plasturgie, filiale de la puissante industrie pétro-chimique). Pendant que l'un s'inquiètait du rapt des chinois, l'autre s'évertuait à le faire investir dans les pays de l'Est. Sauf qu'en matière de recyclage, seuls deux pays tiennent la dragée haute en Europe : L'Allemagne et la France. Les autres découvrent à pas d'escargot le recyclage.
La scène m'a amusé et m'a donné un bon moyen d'allumer le Seigneur des Vosges. On m'a servi sur un plateau l'occasion d'égratigner le président du Sénat. C'est pas tous les jours qu'on peut s'offrir ce genre de friandises en la qualité de localier.
Comme disait le gars Fernand dans un de ses sketchs "çà eu payé, mais çà paye plus". Le monde agricole français est angoissé. Les accords de l'OMC, dont la dernière réunion s'est tenue à Dalian, ville portuaire chinoise, sur la libéralisation du marché agricole et sur l'abandon des subventions à l'exportation sont toujours dans l'impasse. Les pays riches comme la France font blocage. La Chine quant à elle suit les recommandations de l'OMC. Déjà la PAC est menacée depuis l'arrivée de la Grande-Bretagne à la présidence de l'Union européenne. L'argument avancée par les tenants du libre court au marché pour les produits agricoles est de permettre aux pays pauvres de développer leur agriculture. Position soutenue par une ONG Oxfam, très influente à l'OMC. Cela peut paraître imparable et flirté avec nos bons sentiments d'empathie. Mais on ne décide pas de la stratégie d'un pays avec la charité. Si c'est la fin des subventions, qui ne sont d'autres que des compensations entre coût de production et prix de la vente, c'est mettre à mal toute l'agriculture française.
Quelle incidence pour notre pays ? C'est prendre le risque de tuer tout un pan de notre économie, d'alimenter les déséquilibres territoriaux. C'est également fragiliser l'industrie-agrolimentaire. Alors les prédictions de ce géographe des années 50 qui avaient titré un de ses livres : "Paris et le désert français" se réaliseraient.
Sous prétexte des relations Nord-Sud, devons-nous faire fi de notre autonomie alimentaire. Allons-nous sacrifier plus de 15% de notre richesse nationale. Ce serait faire preuve d'un manque de stratégie. On doit s'adapter à la mondialisation, mais pas à n'importe quel prix. Il en dépend de notre survie. Attention le pragmatisme du moment que la globalisation impose ne doit pas faire oublier les horizons. Un petit retour dans l'histoire est nécessaire. Après chaque grande libéralisation, une période de recroquevillement est observée.
Voir la dépêche de l'AFP du 12 juillet 2005.
http://fr.biz.yahoo.com/050712/202/4hzes.html
JE PROPOSE UNE NEWSLETTER "LA CHINE EN FOLIE" QUI FAIT LE TOUR DE L'ACTUALITE CHINOISE. UNE REVUE DE PRESSE EN SOMME. AU FIL DU TEMPS ELLE SERA AMELIOREE.
ELLE SE COMPOSE COMME SUIT : UN BREF RESUME ET UN LIEN QUI RENVOIE A L'ARTICLE COMPLET.
MERCI A CEUX QUI ME LISENT, ME REPERTORIENT DANS LEUR BLOG ET A CEUX QUI ME LAISSENT DES COMMENTAIRES.
Il y a deux types d'expatriés. Ceux qui sont envoyés par leur entreprise sous couvert du droit français et bénéficiant de salaires inhérent à cette situation. Et ceux avec les oursins dans les poches qui veulent se faire une vie ailleurs. D'un côté vous avez les cadres supérieurs et leur petite famille se recroquevillant dans les ghettos d'expat et de l'autre les aventuriers qui à force de ténacité et de perspicacité décrochent un boulot sous contrat local et se fondent dans la vie du pays. Les uns restent avec leur communauté. Les autres vivent un peu comme à la chinoise, avec les gens du pays. Ils ne sont pas comparables et souvent ils se regardent comme des chiens de faïence. En deux mots, ce n'est pas le grand amour. La jalousie de cette mésentente latente serait-elle le mobile ? Je laisse les expatriés y répondre. Néanmoins cette amorce de présentation de deux types d'expatriation découle du coup de gueule que je pousse contre les sites d'informations consacrés à ce sujet. Webexpat et ses équivalents. Ils s'adressent en majorité à la première catégorie et font fi des autres expériences. Le ton un peu pédant et condescendant, ils découragent systématiquement les tenanciers de la deuxième catégorie, plus souvent susnommés les bras cassés. Ils n'ont pas besoin de vous nous font-ils croire. Et les arguments découlant de cette réthorique peut être difficilement discutable. Du moins si elle a un mérite, c'est de décourager les moins motivés. C'est vrai ces derniers n'occupent pas de poste stratégique. Donc out. Dans le même temps, ils rappellent que l'expatriation au long cours n'est plus de mise. Il faut privilégier les sauts de puces. Mais voilà il y a un hic. Les dernières déclarations de Christine Lagarde, Secrétaire d'Etat au commerce extérieur changent quelque peu la donne. La France est en retard dans ses relations économiques avec la Chine : le grand marché d'aujourd'hui et de demain. Le gouvernement veut renforcer la présence des PME. Il prévoît même de doubler le nombre en 2005. Or, ces dernières déjà installées mettent en garde : elles perdent de l'argent. Les règlent contractuelles différent des pays occidentaux. Les joint-venture recommandées ne sont pas à la hauteur des attentes. Mais pour des raisons de coût, elle minimalise l'expatriation. Et si elles faisaient appels à des compatriotes déjà installés, connaissant les moeurs, les us et coutumes pour leur facilité l'imprégnation du marché ? Elles pourraient bénéficier de la légitimité de ces expatriés. Et si ces dernières en appelant les expats installés se calait moins sur les compétences techniques et plus sur leur compétence linguistique et culturelle. Car ce qu'ont oublié ces chers patrons, c'est que la mondialisation ne rime pas forcément avec uniformisation. Et ils l'apprennent à leur dépend dans un pays qui dans peu de temps éditera lui même de nouvelles régles du jeu. Le capitalisme à la chinoise n'est pas le capitalisme à l'occidental.
D'après un récent sondage, le moral des cadres français seraient en berne. Outre leur prise de distance avec leur direction, le tassement de leur pouvoir d'achat qui reste malgré tout supérieure à la moyenne des français, ils ont peur de leurs collègues chinois et indiens. Costaud ces gars-là ! Il faut dire qu'il nagent avec une certaine aisance dans la nanarchie du business. Qui a dit que ces pays seront exclusivement l'atelier du monde, qu'ils ne produiront que du gros et en masse. La valeur ajoutée restera au pays, nous rassure-t-on. La réalité en est tout autre. La Chine multiplie ses offensives sur des secteurs qu'on croyait à être les seuls à détenir le savoir-faire, notamment dans les hautes technologies et les services. C'est bien vite oublié l'aventure japonaise. Copiage tout azimut et sans vergogne, quel pays peut contredire un mastodonte comme la Chine sans se faire zapper du marché, et dans la foulée la création. Entre temps nos entrepreneurs français pleurent, appellent au secours le gouvernement complètement dépassé. Poussif comme d'habitude. On attend toujours la contre-offensive. Un peu de moins rente, et sûrement plus de risque. La France doit passer d'une sociétaire rentière, basée essentiellement sur l'épargne et l'immobilier, à une société de business. C'est là notre salut.
"Dans les années à venir on va passer un sale quart d'heure. Et cela va durer au bas mot, une bonne cinquantaine d'année", dixit un journaliste allemand qui a résidé de nombreuses années en Chine en commentaire d'une soirée spéciale Arte sur la Chine. Cette phrase m'a marqué. Je ne compte pas faire partie de cette génération sacrifiée. Je me pose cette question : où sont passés les prospectives de nos experts ? Quant à mes collègues journalistes, ils me commencent vraiment à me faire pitié. Il faudrait peut-être retourné sur le terrain. çà bouge là-bas et à une vitesse effrenée et c'est pas le dernier article paru dans le Monde sur la vulnérabilité de l'économie chinoise qui est là pour me rassurer. Oser un parallèle avec le Japon, c'est un exercice risqué. D'un côté un peu plus de 150 millions de personnes, de l'autre 1,4 milliards. Et oui, cela fait une belle et grande différence.
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