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"Chine : chaos, éclat de rire devant le droit de l'homme. Un mobile : l'argent. Un but : l'or. Une adoration : la richesse". La chine est en folie. Albert Londres, 1925.

 

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Mercredi 27 juillet 2005

Allez, je vous joins le dernier rapport de l'assemblée nationale sur les relations commerciales entre la France et la Chine. Il est tout frais, il est de ce mois-ci. A lire surtout le Chapitre le défi chinois et le péril français. http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i2473.asp

N'HESITEZ PAS A REAGIR NOTAMMENT CEUX QUI RESIDENT DANS CE PAYS ET QUI Y TRAVAILLENT.

 

Extraits :

Une France en retrait dans les échanges avec la Chine

En matière d'exportations vers la Chine et d'investissements directs en Chine, la France se classe au deuxième et au troisième rang des pays de l'Union européenne, loin derrière l'Allemagne qui réalise à elle seule quasiment autant d'exportations que le reste de l'Union européenne.

Si la France est le deuxième fournisseur européen de la Chine, elle n'est que le quinzième fournisseur mondial du pays, loin derrière l'Allemagne. Les résultats enregistrés par les entreprises françaises en Chine, plutôt décevants, disposent néanmoins d'une marge de progression importante.

... Le recul de la France résulte principalement d'une spécialisation sectorielle insuffisamment adaptée à la demande chinoise. En effet, la forte croissance de la demande chinoise n'a d'impact que si elle est relayée par une spécialisation sectorielle appropriée. Les importations chinoises répondent ainsi principalement à deux impératifs : les besoins des industries d'assemblage et la demande interne, notamment en produits énergétiques. 

Réactions des rapporteurs.

M. Philippe Rouault a émis des réserves quant à l'optimisme de vos Rapporteurs. Il faut appréhender les relations économiques entre la France et la Chine avec moins d'angélisme, et exiger davantage de réciprocité dans nos échanges. En effet, alors que les entreprises chinoises peuvent acheter librement nos entreprises, nous sommes contraints de mettre en place des joint-ventures pour investir sur leur marché. Il existe aussi une asymétrie en matière de droits de douane pour certains produits, par exemple les chaussures. Par ailleurs, l'approche politique de la conclusion, qui évoque l'avènement d'un État de droit en Chine, laisse sceptique. La culture chinoise est, en effet, durablement marquée par la primauté du groupe sur l'individu. Enfin, il faut être prudent en matière de transferts de technologies et ne pas lever l'embargo sur les technologies de la défense.

M. Jean-Pierre Gorges a déploré que certains veuillent faire peur aux Français. Ce rapport a le mérite de rassurer. Aux États-Unis, le développement des échanges commerciaux avec la Chine a, certes, provoqué la perte de 2,5 millions d'emplois, mais il a, par ailleurs, contribué à la création de 4,2 millions d'emplois. Il est regrettable que les chiffres équivalents pour la France ne figurent pas dans ce rapport. Les 350 millions de Chinois qui ont un niveau de vie comparable aux Européens doivent être considérés comme nos clients potentiels. Ce qui se passe aujourd'hui en Chine est une chance pour la France.

M. Michel Bouvard, rappelant que la France a été le premier pays occidental à reconnaître la République populaire de Chine, en 1964, a déploré l'incapacité française à transformer les réussites politiques en réussites économiques et commerciales. Il a demandé quel est le sentiment des rapporteurs sur la recherche. Quelles possibilités de partenariat s'offrent à nous et quels sont les risques pour notre capacité à conserver notre avance technologique ?

M. Richard Mallié a partagé la critique de M. Philippe Rouault relative au laxisme de la réglementation française et européenne par rapport à la réglementation chinoise. Toutefois, la réglementation chinoise sur les investissements étrangers évolue : une loi adoptée récemment va permettre à des filiales étrangères à 100 % de s'installer en Chine.

M. Jean-Jacques Descamps a souligné que l'intérêt de ce rapport réside dans sa pédagogie sur les délocalisations. On y comprend que l'expansion économique et commerciale de la Chine se fait au détriment non pas de la France ou des pays occidentaux, mais d'autres pays exportateurs à bas coût de main-d'œuvre, comme le Maroc ou le Cameroun. Il faut différencier les investissements étrangers qui cherchent à profiter de moindres coûts de production de ceux qui visent une installation sur le marché chinois. Sur ce sujet, il y a également un travail de pédagogie à réaliser. Le ministre du commerce extérieur devrait être conjointement ministre des investissements extérieurs.

Le Président Pierre Méhaignerie a déclaré qu'il souscrit à beaucoup d'observations des Rapporteurs, mais qu'il est moins confiant qu'eux. En effet, ils ne prennent pas en compte la dynamique exponentielle des délocalisations. De plus en plus d'entreprises françaises sous-traitent leur production. Si les États-Unis, qui ont souvent quelques années d'avance sur nous, enregistrent un déficit commercial très important avec la Chine, ils disposent, contrairement à nous, de deux atouts : d'une part, une grande capacité à créer des emplois de services, et, d'autre part, un haut niveau technologique qui permet également à leur industrie de créer des emplois.

M. Hervé Novelli, Rapporteur, a souligné que le plus grand danger ne provient pas de la Chine, mais bien nos propres faiblesses. Il faut analyser pourquoi les relations commerciales avec la Chine peuvent représenter un danger exponentiel, notamment par rapport à d'autres pays européens comme l'Allemagne. L'Allemagne a beaucoup plus de petites et moyennes entreprises et, historiquement, elle a davantage orienté ses relations commerciales vers l'Asie, alors que les entreprises françaises sont davantage tournées vers l'Afrique et le Moyen-Orient. Néanmoins, les opportunités demeurent et il est primordial de mettre en adéquation les structures de l'économie française avec la mondialisation pour les saisir. Le constat dressé est optimiste car la Chine évolue, ainsi que ses besoins, qui s'orientent davantage vers les biens à haute valeur ajoutée.

La Le problème à terme sera une adéquation entre une démocratie économique, vers laquelle tend inexorablement la Chine, et un État de droit qu'elle doit encore devenir. Le Président Pierre Méhaignerie a approuvé le constat sur la nécessité de mener des réformes en France, mais a rappelé que la situation était malgré tout préoccupante et qu'il convenait de rester lucide.

par Guillaume publié dans : géopolitique
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Dimanche 24 juillet 2005

Je ne pouvais pas passer à côté. Si cette réévaluation du yuan n'a pas d'impact sur le commerce (voir ci-dessous), pour moi si. Mon porte-monnaie sera moins garni lors de mon expatriation. Puisque je pars essentiellement avec des devises (euros et dollars). Or l'avantage de passer une année dans ce pays, c'est bien la supériorité de son pouvoir d'achat. Surtout lorsqu'on part avec un pécule pas énorme et qu'il faudra tenir avant de trouver un travail. Petit à petit le Laowai perd de son avantage.

Une bouffée d'air ? L'abandon de la parité fixe du yuan avec le dollar et sa réévaluation de 2,1%, portant ainsi à sa valeur à 8,11 pour 1 $ ne semblent pas vraiment avoir créer de véritable soulagement parmi les partenaires commerciaux de la Chine. Un geste salué de symbolique. Mais pas plus. Les entreprises étrangères restent toujours la tête dans le guidon face à la déferlente des produits chinois à bas prix. Ces dernières n'avaient cessé de demander une réévaluation portée de 5 à 10%. Ils considèrent que le yuan est sous-évalué de 30 % par rapport au dollar et les pénalise dans leur échange, provoquant de fait une distorsion de concurrence. Guillaume Sarkozy, chef de la filière textile au Medef, accusaient les chinois de triche. Le geste chinois est donc loin de les satisfaire. Le commissaire européen Peter Mandelson "ne s'attend pas à voir un impact rapide ou significatif sur le commerce". Par contre les exportateurs chinois voient réduire leur marge à hauteur de 20%. Notamment dans le textile. Mais ils devraient bénéficier d'une baisse des matières premières, comme le pétrole et l'acier. Une maigre compensation, les prix des produits chinois importés devraient donc subir de fait une légère hausse.

Reste que cette décision réjouit les pays voisins de la Chine, dont leur coût de production se rapproche avec ceux de la Chine.

Pour autant il est difficile d'interpréter cette décision du gouvernement. Jusqu'ici, il n'avait pas répondu aux pressions de ces partenaires commerciaux, surtout ceux des Etats-Unis. L'interdépendance de l'économie américaine avec celle de la Chine est tellement profonde, que le gouvernement de Beijing peut à peu près faire ce qu'il veut. Peu convaincant sur la légitimité de cette décision, selon le China daily, cette réforme est indispensable  pour une économie de marché plus mature et plus sophistiquée, de nombreuses questions restent en suspend. Et les experts se perdent en conjoncture. Peut-on interpréter cette réévaluation comme un geste face aux quotas imposés par l'UE et les Etats-Unis.

Voici des liens qui ont fait la une des dépêches économiques. http://fr.biz.yahoo.com/050722/202/4ifhg.html et http://fr.news.yahoo.com/050722/5/4igh0.html

 

par Guillaume publié dans : géopolitique
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Mardi 12 juillet 2005

Comme disait le gars Fernand dans un de ses sketchs "çà eu payé, mais çà paye plus". Le monde agricole français est angoissé. Les accords de l'OMC, dont la dernière réunion s'est tenue à Dalian, ville portuaire chinoise, sur la libéralisation du marché agricole et sur l'abandon des subventions à l'exportation sont toujours dans l'impasse. Les pays riches comme la France font blocage. La Chine quant à elle suit les recommandations de l'OMC. Déjà la PAC est menacée depuis l'arrivée de la Grande-Bretagne à la présidence de l'Union européenne. L'argument avancée par les tenants du libre court au marché pour les produits agricoles est de permettre aux pays pauvres de développer leur agriculture. Position soutenue par une ONG Oxfam, très influente à l'OMC. Cela peut paraître imparable et flirté avec nos bons sentiments d'empathie. Mais on ne décide pas de la stratégie d'un pays avec la charité. Si c'est la fin des subventions, qui ne sont d'autres que des compensations entre coût de production et prix de la vente, c'est mettre à mal toute l'agriculture française.

Quelle incidence pour notre pays ? C'est prendre le risque de tuer tout un pan de notre économie, d'alimenter les déséquilibres territoriaux. C'est également fragiliser l'industrie-agrolimentaire. Alors les prédictions de ce géographe des années 50 qui avaient titré un de ses livres : "Paris et le désert français" se réaliseraient.

Sous prétexte des relations Nord-Sud, devons-nous faire fi de notre autonomie alimentaire. Allons-nous sacrifier plus de 15% de notre richesse nationale. Ce serait faire preuve d'un manque de stratégie. On doit s'adapter à la mondialisation, mais pas à n'importe quel prix. Il en dépend de notre survie. Attention le pragmatisme du moment que la globalisation impose ne doit pas faire oublier les horizons. Un petit retour dans l'histoire est nécessaire. Après chaque grande libéralisation, une période de recroquevillement est observée.

Voir la dépêche de l'AFP du 12 juillet 2005.

http://fr.biz.yahoo.com/050712/202/4hzes.html

par Guillaume publié dans : géopolitique
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Mardi 12 juillet 2005

Je suis assez fier de ce reportage. Pour autant au départ ce n'était pas gagné. Rappel des faits : Ponpon, sous-entendre Christian Poncelet, président du Sénat et du conseil général des Vosges, faisait son petit tour de seigneur dans l'Ouest des Vosges, se réquérir des doléances des patrons locaux. Petit passage à la Sorepla, une entreprise située à Neufchâteau spécialisée dans le recyclage de bouteilles de plastiques. Toute la presse locale est là. Présentation chiffrée de la boîte et visite de l'usine. Jusqu'ici rien de vraiment intéressant. Ce genre de reportage fait partie des maronniers (dans le jargon journalistique, sujet qui revient souvent et qui comble un trou dans la page. Valeur journalistique : proche du zéro).

Un peu endormi, le patron se réveille enfin pour se geindre de la concurrence chinoise. Un déclic et mes neurones jusqu'ici en veille frivolent. "Ils nous coupent l'herbe sous le pied", insiste le patron. "Comprenez, ils vont s'apprivosionner directement sur le marché secondaire auprès des déchetteries des collectivités locales et surenchérissent". Le patron explique : "on ne peut pas suivre. Pas avec les normes environnementales qu'on nous impose et qui font bondir nos coûts". Ces sacrés chinois proposent le double de ce que peuvent proposer les européens et n'ont pas les même normes. Et confidence (pas sur l'oreiller) du patron au petit journaliste que je suis : "ils m'ont déjà faire une offre pour venir bosser chez eux. Ils m'offraient l'usine et le personnel clés en main. J'ai refusé". Le lobby du recyclage plastique, Valorplast, est également présent et insiste sur la menace. Un mois plus tard, une directive est votée favorisant  la préférence communautaire. Out les chinois. Néanmoins, ce qui a été le plus amusant dans cette rencontre, c'est le dialogue de sourd entre Ponpon et le patron de la Sorepla (ancien président de la maison des industries de plasturgie, filiale de la puissante industrie pétro-chimique). Pendant que l'un s'inquiètait du rapt des chinois, l'autre s'évertuait à le faire investir dans les pays de l'Est. Sauf qu'en matière de recyclage, seuls deux pays tiennent la dragée haute en Europe : L'Allemagne et la France. Les autres découvrent à pas d'escargot le recyclage.

La scène m'a amusé et m'a donné un bon moyen d'allumer le Seigneur des Vosges. On m'a servi sur un plateau l'occasion d'égratigner le président du Sénat. C'est pas tous les jours qu'on peut s'offrir ce genre de friandises en la qualité de localier.

par Guillaume publié dans : géopolitique
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Mercredi 6 juillet 2005

Les entrepreneurs français semblent plutôt déçus du marché chinois. En réaction à l'appel de la Secrétaire d'Etat du commerce extérieure, Christine Lagarde, qui invite les PME françaises à investir plus en nombre dans ce pays, ils rappellent que les opportunités ne sont pas à la hauteur des bénéfices escomptés. Beaucoup des PME perdraient de l'agent. Et ce en raison d'une concurrence exacerbée. Avec 1,4% des importations chinoises, la France se situe au quinzième rang des fournisseurs, bien loin de ses voisins européens comme l'allemagne, qui avec ses 5,4% de part de marché se situe comme le leader.

Etonnant. Comment traduire cette timidité française, outre les grandes entreprises ? Comment des entreprises allemandes s'en sortent mieux malgré la concurrence exacerbée, raison évoquée pour expliquer les difficultés des entrepreneurs français ? Une des réponses seraient de chasser en meute afin d'améliorer la présence française. La parade serait donc piquée par ce qui fait la force des grandes entreprises : la puissance échelle.

Pour autant, je continue à m'interroger. Il y a des raisons socioculturelles qui ne sont pas évoquées. Les entrepreneurs français manquent d'esprit d'aventure ou d'initiative. Ils gèrent. Voilà leur véritable difficulté. Le tout gestion au détriment de projet et de vision. Le souci de la garantie notamment à court terme. Ils ressemblent plus à des banquiers, dans leur tempérament. Bref, c'est une psychologie collective entreprenoriale squi doit changer.

Dans le quotidien du peuple, l'interview de Christine lagarde par Liao Xianwang : http://french.peopledaily.com.cn/Horizon/3521887.html

 

Ici joint une rapide synthèse du CEPII sur la Chine : http://www.cepii.fr/francgraph/publications/lettre/pdf/2005/let245.pdf

Autres liens dont une synthèse de janvier 2005 sur la présence française dans la Chine du sud, tirée de la mission économique des services consulaires. http://www.missioneco.org/chine/documents_new.asp?V=5_PDF_98688

Comment investir en Chine : http://www.missioneco.org/chine/documents_new.asp?V=5_PDF_106528

par Guillaume publié dans : géopolitique
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