Pater reporter

 

"Chine : chaos, éclat de rire devant le droit de l'homme. Un mobile : l'argent. Un but : l'or. Une adoration : la richesse". La chine est en folie. Albert Londres, 1925.

 

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Samedi 9 juillet 2005

Les Français auraient-ils une image de paresseux, obnibulés par leurs loisirs et leurs temps libres ? Les expatriés le pensent. En faisant le tour des blogs des expatriés, des dialogues passionnés ont lieu sur ce sujet. Une incompréhension persiste entre les Français de l'Intérieur et les Français de l'étranger. Le dernier en date, le petit coup de gueule d'Alexia de retour de France à Hong-Kong ( voir son blog : http://city-of-life.over-blog.com/). Leur analyse est sévère : trop d'assistanat, une dynamique poussive. Les qualificatifs pour dénoncer les Français en marge de l'évolution du monde se multiplient. Car ces expactriés ont du faire une vie ailleurs sans garantie. Ils sont obligés de se battre, travailler dur, ne pas compter ses heures. Le temps du travail à l'étranger n'est pas le même qu'en France. La compétition qui régnerait dans notre pays serait entre ceux qui en foutent le moins. Le royaume de la fainéantise en soit. Pour ma part, je trouve ce jugement un peu sévère, même si certains de leurs aguments ne me laissent pas insensibles. Ces derniers temps, j'ai écouté les témoignages de commerçants ou de petits patrons dans leur parcours d'obstacle du recrutement. Et c'est affligeant. Les premières questions de leur candidat concernaient surtout le temps de vacances, de congés et de RTT. Ils hallucinent. Sur ce coup je les comprend. Je rappelle cette maxime : on a rien sans rien.

Les Français doivent retourner au travail, faire leur deuil d'une société de loisirs. Bien sûr, l'objection du chômage est évident. Etant moi même au chômage, lors de la fin de mes droits, je me suis fait un devoir de ne pas toucher le RMI. Une question d'honneur. Alors en attendant de trouver dans ma branche, je cumule des petits boulots. Cette attitude je l'ai déjà testé deux ans auparavant. Et cela m'a réussi : après trois semaines dans une fonderie d'aluminium, je retrouverai un CDD dans ma branche. Et ce n'était pas si mal. Car je fais partie de cette génération qui ne croit plus au CDI et qui demande même son abrogation. Pourquoi penser comme cela. Parce que j'ai été élevé dans les valeurs du travail, de l'effort et du mérite.

Mon grand-père faisait les trois huit dans la mine (mine de fer près de Segré dans le Maine-et-Loire), après son boulot, il allait travailler comme maçon, puis s'occupait de son jardin. Toujours au travail. La famille était modeste : pas d'achats superflus. Mais il a pu faire construire, ce qui n'était pas courant dans les années cinquante. Au fil du temps, il l'a amélioré, alors que ces collègues mineurs souvent moqueurs, préféraient se pochtronner au fond et taper la clope. A 80 ans, il est un des derniers mineurs de sa génération. Les autres sont tous morts, souvent jeunes. Il continue à se lever à six heures du matin pour faire son jardin, il fournit à la famille légumes et fruit. Il continue d'aller dans l'entreprise de maçonnerie où il bossait pour réparer le matériel. Son ancien patron était un de ses amis, aujourd'hui c'est le fils qui a repris la boite et a toujours observé le plus grand respect vis-à-vis de mon grand-père. Ce dernier martèle souvent qu'il a des mains en or. Les ouvriers qui l'ont toujours connus lui amènent toujours des bricoles à remettre en état. Il est comme cela : il parle peu et travaille dur. Une caractéristique dans la famille.

C'est exemple est le mien, celui qui me motive pour aller de l'avant. Et j'aurais aimé que cette France soit de nouveau au premier plan. Bien sûr, ce n'est qu'un arbre dans une forêt de bois mort ou trop jeune.

par Guillaume publié dans : En réponse
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Vendredi 8 juillet 2005

Je me souviens de ce jour où j'ai déclaré à ma mère que je voulais tenter l'expérience en Chine. Elle a d'abord cru que c'était une boutade. Je suis familier du genre. Je l'annonce à mes amis. Même réaction : il ne me croyait pas. Sauf mon pote Olive qui a deviné mon envie de changement, de voyage et d'autres expériences. Le temps passe, je recueille des informations. Mais une question majeure devait être résolue : comment débarquer dans un pays totalitaire comme journaliste sans se faire refouler. Comment obtenir ce sésame de visa qui vous ouvre les portes. Après quelques jours à surfer sur le net, je trouve un site, Educhine, qui propose des programmes d'apprentissage de la langue de court au long séjour. Il aurait été plus confortable de s'inscrire dans des cours de langues en France et de continuer ma vie ici. Néanmoins, cette solution ne me convenait pas. Je me connais très bien et j'ai pris acte de mon expérience scolaire en Anglais. Depuis le collège je fais un blocage psychologique sur cette langue. Il faut que je sois au pied du mur pour que je m'active. Rien que de plus excitant que de travailler dans l'urgence, un peu comme un lièvre courant derrière son appât. J'ai toujours travaillé comme cela et le fait d'exercer la profession de journaliste n'a fait que renforcer cette habitude. Rien ne vaut donc l'apprentissage sur le terrain. Confronté au réalité, je ne pourrais pas me réfugier derrière mes paresses.

Et me voilà à faire les premières démarches. Je serais étudiant à l'université hohai à Nanjing. 20 heures par semaine de cours de langues et d'écriture. Je n'aurais pas le statut de journaliste. Soit. En clair, je ne bénéficerai d'aucune autorisation pour poser des questions aux autorités. Out les institutions. Pour mes proches, cette boutade est donc devenue une réalité. "Comment tu pars en Chine !", s'étonne une de mes amies. Le sourire jusqu'aux oreilles, je me doutais de ce qu'elle allait me dire : "je présens que cela va être folklo". Elle ne cesse de me reprocher que partout où je passe je fous le bordel. "C'est plus fort que toi. Faut tout le temps que tu l'ouvres". Bah oui. Je dis tout haut ce que je pense. Il faut reconnaître que parfois c'est malvenue. " Ahah. à mon avis, cela va te démanger de mettre le doigt où il faut pas. Retour illico. hop dans l'avion". Je lui répondis un peu vexé : "je ferais attention. Je sais que je vais dans une didacture". "On verra", conclut-elle. " On parie que tu seras expulsé". Je n'ai pas tenu le pari.

Du côté de ma famille, les réactions sont hétéroclytes. De ma mère, "ils me font peur" à un de mes oncles "ce sera une super bonne expérience". Normal pour lui, cela fait 20 ans qui parcourt la planète pour GDF. Mon père toujours aussi pragamatique : "tu vas faire quoi". Eh ben, du journalisme. Je ne sais pas faire autre chose. "Mouais", me rétorqua-t-il. Il est un peu comme Saint-Thomas, il ne croit que ce qu'il voit.

La semaine prochaine, je fête mon départ. Et déjà une ribambelle de potes ont réservé leurs vacances pour venir me voir. Reste que ma décision les amuse toujours autant. Cependant certains comprennent : cela fait des années que les bassine avec mes rêves de grand reportage, notamment le reportage de guerre. Mon séjour en Chine sera l'expérience qui devra définir si mon rêve est réalisable. Car derrière cette aventure, une question me taraude : que veux-tu faire de ta vie ? Trouver un boulot pépère (qui jusqu'ici je n'ai pas encore eu), avoir un appartement et une nénette. Bref faire sa petite vie. Ou bien vivre une aventure permanente faite de découverte et de rencontres. J'ai choisi la deuxième solution. C'est décidé. Mais elle aura une contrepartie : la situation financière qui apporte le confort sera des plus aléatoires. Et c'est bien le grand regret de ma mère, qui a tout sacrifié pour que notre situation soit meilleure que la leur. Il faut quand même que je leur rende hommage : ils se sont serrés la ceinture pour que mon frère et moi fassions des études supérieures. Si ce dernier a plutôt réussi son insertion professionnelle : ingénieur chercheur dans un labo américain à Minnéapolis, pour moi c'est une tout autre histoire. Car à la différence de beaucoup qui sont aveuglés par l'image attractif du journalisme, ils savent à quel point il est difficile d'en vivre, à quel point la galère est au moindre tournant, à quel point il faut faire des sacrifices. Et pourtant, je me suis pas trop mal débrouillé. En cinq ans d'activité, je ne suis jamais resté au chômage plus de quatre mois. J'ai toujours réussi à trouver des contrats, certes précaires, ou des piges assez rentables.

par Guillaume publié dans : journalisme
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Vendredi 8 juillet 2005

Il m'arrive d'aller dans les bars à bouchon. J'entends déjà les réactions. Le principe est simple: celui qui entre est le pigeon. Une jolie hôtesse l'accueille, prend un verre puis fait valoir ses charmes. Et vous voilà embarquer à prendre une bouteille de champagne, qui n'a que le titre pour plus de 200 E. Il m'est arrivé de lâcher une bouteille par-ci, par-là.

Dans un des bars à bouchon d'Angers, je rencontre une chinoise. Jolie. On prend un verre, et nous voilà engager dans une discussion endiablée sur sa venue en France, la Chine et tout le toutim. Le temps passe. J'ai juste pris une bière. Entre temps, j'ai chopé quelques informations sur les évolutions de la nuit. La gérante m'apprend quel établissement à fermer pour prostitution. Elle me raconte les joies et les peines des gens de la nuit. C'est une habitude. Dans ce type d'endroit je recueille un max d'infos. Personne connaît mon identité. Lorsque les filles me demandent ma profession, je réponds que je suis commercial dans une société d'édition et j'invente le reste tout en m'appuyant d'être le plus crédible possible. Bref, je m'apercevais que la gérante devenait impatiente : un client qui tape trop la discute au bar sans aller au salon, c'est pas bon pour les affaires. Je tirais un peu sur la corde. La jeune et jolie chinoise qui avait choisi le surnom de Léa n'était pas au fait de toutes les ficelles. Elle m'apprend qu'elle est originaire du Sichuan. Avec ses parents elle a déménagé à Beijing parce que son père souffre d'un cancer. Elle me raconte sa vie. Après des études brillantes et un début de carrière dans la publicité, où elle gagnait environ 800 E par mois, elle s'est décidé de venir en France afin de mieux gagner sa vie. Et surtout aider ses parents à acquérir une petite maison. Je souriais. Ce qu'elle me racontait, je m'y attendais. Elle faisait preuve de la traditionnelle solidarité de la famille. Elle a débarqué ici à Angers, à  l'ESA (école supérieure d'Agriculture), avec trois mois de français.Lors de notre entretien, elle m'a épaté par sa compréhension de la langue, même si par moment elle ne comprenait pas toutes les expressions que je pouvais employer. On m'a dit souvent que j'étais pénible pour l'emploi de l'argot, notamment auprès des étrangers.

Etudiante, elle ne pouvait pas travailler en France. Et Léa se devait de trouver un job pour financer son année. Hôtesse lui parut la solution la plus immédiate. Elle était bien tombée : la gérante de ce bar soucieuse de ces rapports avec la Mondaine refuse que ces filles flirtent avec la prostitution ou qu'elles se fassent tripoter n'importe comment.

Je découvre qu'elle est venue en France pour mieux gagner sa vie. Et les 1.500 euros que l'école lui promet à la sortie la fait rêver. Je ne tarde pas à lui briser cette illusion. Ce n'est pas grand chose, ici. La vie est chère. Elle reconnaît qu'elle n'avait pas mesurer cet état de fait. Je la sentais un peu perdu. Sans compter que trouver du boulot dans le domaine végétal ou agricole, les salaires sont plutôt bas. Je ne voulais pas casser ses rêves. Néanmoins, je me devais de la prévenir. On s'est quitté sur cette apréciation. Je n'ai pas pris de bouteille.

par Guillaume publié dans : petites curiosités
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Jeudi 7 juillet 2005

Si le journal l'Humanité ne trouve pas 10.000 lecteurs supplémentaires dans les prochains mois, le journal d'obédience communiste mettra la clé sous le paillasson. Une situation qui me fait mal au coeur. Même si je n'ai jamais adhéré aux idées du journal (ce qui ne m'a jamais empêché de lire de très bons articles), il est important de soutenir ce titre qui fait partie de notre patrimoine. Au nom du pluralisme de la presse, il doit être maintenu. Il était une voix dans le flot de la mono-pensance, ou de la pensée unique, de la presse écrite française.

Au cours de mes séjours dans les rédactions de l'Est Républicain, la rédaction de Neufchâteau, qui aujourd'hui a disparu au titre de la rentabilité, les journalistes avaient choisi de s'abonner collectivement. Par solidarité à nos collègues de l'Humanité et au titre du pluralisme dans la presse.

Alors, à tous les bloggers, je vous demande de répondre aux souscriptions qui seront lancées dans les prochaines semaines. Un effort. Et je vous répèterai cette citation d'Hubert Beuve-Mery, fondateur du Monde : "le journal n'est pas au service de ses lecteurs mais de l'information". Ce n'est pas de la condescence mais un bien pour votre liberté.

par Guillaume publié dans : liberté de la presse
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Jeudi 7 juillet 2005

En surfant sur internet, j'en apprends tous les jours sur les différences de nos deux cultures. Bien que je n'ai pas encore été confronté à ces différences au quotidien, j'observe avec passion, étonnement et curiosité sur nos manières de voir et de traiter nos savoir-vivre. Un Chinois ne sera jamais un Français et vice-versa. Si on peut s'étonner, notre capacité de jugement ne doit se limiter qu'à l'observation. Car il y a des bases incompressibles : notre identité se construit par notre éducation, par les valeurs culturelles de notre environnement et enfin par nos expériences. Bien qu'y apportant le plus grand respect et la plus grande prudence, il persistera sûrement des incompréhensions. Charge à nous de les faire partager. Et l'apprentissage de la langue ne suffira pas. Car il faut également enseigner, de part et d'autre, nos composantes socio-culutrelles. Et damné, celui qui de l'extérieur souhaite changer, révolutionner les modes de pensée et de vivre d'un peuple. Il ne fera que créer du radicalisme en opposition d'un modèle qu'il souhaite dominant. Néanmoins, il ne faut pas tenir le débat opposé qui consiste à se réfugier derrière des valeurs traditionnelles pour cautionner l'exploitation de l'homme par l'homme (ou de la femme par l'homme).

Pour argumenter cette réaction je vous renvoies au lien du site "Le Français dans le monde". La politesse entre Chine et France, deux pays reconnus pour cette pratique. Et loin de la divergence, il s'agit de deux savoir-vivre parallèles qui trouvent chacun sa légitimité dans les valeurs culturelles propres à son pays et à son histoire.

http://www.fdlm.org/fle/article/324/zhihong.php

par Guillaume publié dans : petites curiosités
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