Pater reporter

 

"Chine : chaos, éclat de rire devant le droit de l'homme. Un mobile : l'argent. Un but : l'or. Une adoration : la richesse". La chine est en folie. Albert Londres, 1925.

 

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A Nanjing, dans les pas de Kessel, Londres et les autres

Malraux y a écrit son oeuvre magistrale, la Condition humaine. Albert Londres y a relaté le chaos des années 20. Joseph kessel s'est enthousiasmé de sa puissance latente. Avec leur style respectif, leur regard, ils ont tenté d'apprivoiser le dragon dormant. La Chine. Mais elle s'est réveillée et elle a faim. De leur témoignage, il ne reste plus rien. Sauf le souvenir d'un cliché d'une Chine du vingtième siècle. Le XXIe lui tend les bras. Elle le fera. Sans Mao et sans confucius. Quelques décennies plus tard, un journaliste rêveur part sur les traces de ceux aujoud'hui consacrés au Panthéon de la presse.

Mes articles ne pourront jamais intéressés un journal. Je ne m'intéresse pas aux puissants. Les médias officiels s'en chargent bien suffisamment. La Chine que j'aime, qui me surprend, qui me révolte est celle qu'on découvre en bas de chez soi. Dans la rue. Je raconte mes rencontres avec ce peuple, son quotidien, sa condition, ses curiosités. Et depuis mon arrivée je ne cesse de révoir mes interprétations, mes visions. De mes sentiments, ils se cubultent entre compassion, impertinence, approbation, estime...

Pas besoin de partir en voyage initiatique au fin fond de la Chine pour saisir la variété de ces différences. Il suffit simplement d'aller jeter un oeil derrière ces nouveaux building, symbôle d'une Chine conquérante qui prend modèle sur l'occident. Alors on y découvre qu'elle est loin d'avoir perdu son âme.

 Dans le souffle de son sillage...

Mardi 8 novembre 2005

Dans le cadre de la création d'un magazine lifestyle, très haut-de-gamme, je recherche des rédacteurs pigistes, secrétaires de rédaction pigistes et photographes free-lance.

Le magazine s'adresse à un lectorat aisé et sera basé à Shanghai. Il sera en français, anglais et chinois. Si vous êtes intéressés, merci de me contacter pour que je puisse vous mettre en contact avec l'entreprise à qui je sers d'intermédiaire.

gbernardeau@hotmail.com

par Guillaume publié dans : journalisme
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Lundi 7 novembre 2005

J'en ai mal aux yeux. Sur les blogs des expats, il y a une drôle d'odeur. Malsaine. Ils viennent de découvrir qu'en France, il y a de la misère. Et non de la pauvreté. Deux notions complètement différentes. Et il crie au loup : que fait l'état. Sans oser le dire ouvertement, ils invoquent à un retour à l'état policier.  Je rappelle qu'aux dernières élections présidentielles la communauté expatriée française a voté en masse pour Le Pen. J'en ai des frissons dans le dos. Ils découvrent la haine dans ses quartiers. Il est peut-être temps de vous réveillez. Cela devait exploser, ce n'était qu'une question de temps.

L'expatriation est souvent une question de choix, réfléchie. Dites moi parmi d'entre vous qui a un boulot de merde pour survivre ? Vous vivez même mieux que le lambda que vous croisez. Et vous osez parler d'ambition et de motivation. De leçon sur la réussite. Vous fermez votre gueule sur les injustices que vous croisez tous les jours. Mais je ne suis pas dans mon pays, me rétorquera-t-on. Et alors ? La liberté s'éveille par le partage.

Je suis en Chine. Et je continue à ma manière de combattre la pauvreté, les injustices quotidiennes, si banales dans notre environnement journalier au point qu'on y prête plus attention. Je les dis certes sur un blog et en Français. Mais le jour où je serai écrire chinois correctement, je le dirai dans leur langue. Cette liberté qui m'a été offert à ma naissance, j'ai le désir de la transmettre, de la faire partager. A ma manière, je lutte.

Fermer ma gueule et se confondre de l'image de la France, c'est le seul argument que vous avez à écrire ? Des chinois m'en parlent et je leur explique. J'ai toujours été contre les stéréotypes qui arrangent tout le monde. Tu vois la France c'est aussi cela. Un peuple libre et non soumis. Et quand il dit merde, il fout le bordel. Merde, révisez votre histoire.

J'ai vraiment la grogne devant tant d'imbicilité et d'ignorance.

par Guillaume publié dans : En réponse
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Dimanche 6 novembre 2005

Selon les médias officiels la cause handicap est en nette amélioration. En contradiction avec ce qui s'observe dans la rue.

Je n’avais pas même fait attention. En retard, je devais passer au Suguo de Hankou xilu (artère fréquentée par les étudiants puisqu’elle sert de point central aux trois grandes universités de Nanjing). J’entends un hello. Je me retourne et je croise le regard d’un jeune adolescent souffrant d’un terrible handicap, assis dans une petite remorque de fortune qu’on attache aux vélos. Je lui souris et repars. Quelques heures plus tard, je retourne au Suguo avec des amis. J’attends devant l’entrée. Il est toujours là. Les gens le regardent furtivement, fuyant même son regard ou celui de sa mère qui se tenait à côté. On lui donne la pièce ou un peu à manger. Ses jambes sont atrophiés comme un contorsionniste. Il ne peut déplier son bras et ne peut tenir aucun objet, toute force étant absente. Il est là comme une bête de foire. Sans sécurité sociale, malgré les belles annonces du gouvernement fédéral « la cause handicapée est en progrès », sa famille n’a pas d’autres le choix que de faire la manche. Du matin au soir, c’est le même rituel pour survivre. Il s’appelle Zhong li. Il a 17 ans et n’est jamais allé à l’école. Mais il aimerait. Sa mère était confuse que je discute avec lui. Les gens dans la rue m’observait avec attention, curieux que j’engage un dialogue, certes pauvre, mais plein de sincérité. Sur son visage, un sentiment de réserve se lisait, surpris qu’un étranger lui parle.

Mais quand il détournait la tête pour regarder les enfants jouer, je reconnaissais ce regard. Ils l’ont tous. Un mélange d’envie et de tristesse. Il l’a le même que mon frère. Le regard d’un handicapé traverse les cultures, les frontières. La souffrance a le même visage, d’un pays à l’autre. Et peu importe leur condition sociale, ils sont avant tout handicapés. On les regarde comme cela, sans pouvoir se défaire de leur handicap. Cela gêne, dérange.

L’exemple de Zhong li contredit toutes les belles intentions et rhétoriques du gouvernement. Il s’est fait fort d‘annoncer en 2004 : « Le système du service social pour le rétablissement des handicapés continue à se perfectionner ; les ouvrages clés pour le rétablissement s'exécutent efficacement ; les handicapés voient leur autonomie et leur adaptation à la société se renforcer et la qualité de leur vie s'élever. En 2004, 3,3 millions de handicapés ont rétabli à différents degrés leur santé. Parmi eux, 580 000 personnes ont reçu une opération de la cataracte pour retrouver la vue, y compris l'opération gratuite pratiquée sur 100 000 personnes pauvres atteintes de cataracte; des instruments pour aider la vision ont été distribués à 30 000 personnes ayant une basse vue ; 24 000 enfants muets ont reçu un entraînement pour l'acuité auditive et la capacité de parler ; 80 000 personnes atteintes de l'infirmité motrice, enfants atteints de paralysie cérébrale ou de défaillance d'intelligence ont reçu un entraînement systématique de rétablissement ; 2,5 millions de malades mentaux ont reçu des soins médicaux et se sont rétablis ; 3 900 malades ayant une déformation corporelle due à la lèpre ont reçu une opération ; plus d'un million d'instruments et articles nécessaires pour les handicapés ont été distribués à ceux-ci. ». En soi cela peut paraître merveilleux. Mais il faut savoir lire entre les lignes. L’annonce de chiffres est un leurre. Leur condition sociale n’a pas évoluée. Les opérations et les soins restent hors de prix. Même pour un Chinois de classe moyenne, puisque la communauté des experts considèrent que la santé doit être gérée selon les principes de l’ultralibéralisme. Et cette année de nombreux exemples ont démontré de l’injustice du système, notamment avec cet homme souffrant d’un cancer et ne pouvant se soigner qui a préféré s efaire exploser dans un bus pour alerter les manques et les abus.

Comment peuvent-ils prétendre que leur condition s’améliore alors que les inégalités sociales n’ont cessées de se creuser. D'ailleurs ont été au centre de la grande réunion annuelle du PCC le mois derniers. Les handicapés seront toujours la dernière roue du carrosse. Au plus profond de l’échelle sociale.

Quelques articles de soutien sur le Net

http://www.china.org.cn/fa-book/050425/7.htm

http://www.handica.com/acces_themes/article_rw_673.html 

j'ai été surpris que l'association handica.com reprenne sans recul les annonces et décrets gouvernementaux. Présentant une situation faussée des handicapés en Chine. L'article datant de 2003. 

par Guillaume publié dans : En réponse
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Vendredi 4 novembre 2005

Depuis la mort d’Ibrahim, un vent de grogne souffle sur le foyer pour étrangers à hohai daxue. Comment les universités chinoises prennent les étudiants étrangers pour des vaches à lait.

La mort d’Ibrahim a libéré rancœurs et mécontentements parmi les étudiants étrangers de hohai daxue. Tout cela couvait depuis longtemps. Depuis deux mois la direction de l’université ne cessait de reculer la date d’entrée dans les nouveaux bâtiments. « Vous emménagerez dans une semaine ». Puis la semaine passe et toujours rien. Et cela dure. Le même discours depuis la rentrée où officiellement les nouveaux logements devaient être prêts. Le double langage, exercé avec art et délicatesse par les différentes autorités de l’université, agace. La duperie ne trouve plus échos. Le bâtiment où on nous résidons se révèle être dans un état lamentable. Se décrépite de jour en jour. Des chambres ont l’eau chaude, d’autres non. Les douches sont dans un tel état que même les cités universitaires les plus pourries de France n’oseraient y loger ses étudiants. Et il n’est pas rare de côtoyer un lombric sortant de l’évacuation, les robinets fuis, L’hiver approchant, les anciens donnent déjà les conseils pour colmater les vitres, garder la chaleur. Et cela n’est pas donné : 900 kuai par mois. Alors qu’en ville, on peut se loger dans des appartements confortables et équipés pour 1000 kuai. Bien sûr en comparaison, notre situation est bien plus avantageuse que celle des autres étudiants logés dans les dortoirs, où ils s’entassent à quatre, voire à 8 pour les premières années.

Mais c’est surtout en ayant pris connaissance des prix des nouveaux logements que la grogne est passée au stade supérieur. Les prix vont monter à 1.200 kuai pour la chambre simple et 2.100 kuai pour une chambre de deux pièces. Notre intermédiaire français qui propose via un site Educhine (voir dans mes liens) des cours intensifs de chinois dans cette université est lui même surpris. Les services des étrangers lui avaient assurés que les prix resteraient inchangés et s’étaient engagés auprès de nous. Il ne perd pas de temps pour relayer auprès de l’université notre mécontentement. « C’est une habitude. C’est pareil dans toutes les universités chinoises. J’en ai fait plusieurs (il est en Chine depuis 1995 et est marié à une chinoise) Ils profitent des étudiants étrangers. Au résultat ils soulèvent une grogne. Parfois cela éclate ». A hehai, la riposte se prépare. Le mot se transmet de chambres en chambres : hors de question de changer de bâtiments tant que les prix affichés ne sont pas revus à la baisse. La tension ne cesse de croître. La direction de l’université cherche à rester ferme et semble prêt à engager le fer.

A hohai daxue, l’année se révèle être la moins chère : 1.600 $ par an. Sa voisine Nanda (Nanjing daxue) avoisine plutôt dans les 2.200 $ par an mais les conditions de logements sont plus décents pour un tarif tout aussi onéreux. Soit 10 à 15 fois plus chers que pour un étudiant chinois intégrant une université. La filouterie réside également dans le programme pédagogique : si un intense lobbying n’était pas exercé par les étudiants pour plus d’interactivités ou de cours supplémentaires, les cours se résumeraient en simple cours magistraux en chinois. Vite bâclés.

En ce moment la direction accumule les mauvais points. Au lendemain du décès d’Ibrahim, un des responsables vient retirer sa table en plein cours. « Il faut faire de la place », argue-t-il aux étudiants. Il déclenche la colère. A se demander si cela n’était pas de la provocation. Des salles de cours ne sont plus utilisées sans que cela les gêne. Devant ce manque de respect, les étudiants les plus remontés sont ceux de confession musulmane. Tous les soirs depuis le début du Ramadan, ils se retrouvent pour prier dans une des salles du foyer. Et pour la première fois, leur critique ironique sur les Chinois s’est transformée en insulte. « Tous des porcs ».

par Guillaume publié dans : Nanjing
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Vendredi 4 novembre 2005

J'ai toujours été un grand auditeur des radios d'information. Et depuis mon arrivée en Chine, cette habitude me manquait. L'internet répond à mes désirs. Et je me fais plaisir à écouter nos chers radios. De Chine, mon regard semble avoir changé sur les évènements en France. Moins concerné mais dès qu'il est question de ce pays qui fait tant peur aux Français, je cherche la faille de la présentation, j'analyse le moindre détail, je compare avec ce que j'observe tous les jours. Bref, c'est en surfant que j'ai découvert que BFM (la radio éco) diffuse chaque samedi de 18 h à 19 h et rediffuse chaque dimanche de 7 h à 8 h et de 15 h à 16 h (heure française) une émission appelée Chine hebdo. Sur le site l'accès aux archives est libre.

Dernières interviews : Pierre Haski, le réseau Colbert (les produits de luxe) et Murmure communication.

par Guillaume publié dans : Veille de la presse
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