Pater reporter

 

"Chine : chaos, éclat de rire devant le droit de l'homme. Un mobile : l'argent. Un but : l'or. Une adoration : la richesse". La chine est en folie. Albert Londres, 1925.

 

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A Nanjing, dans les pas de Kessel, Londres et les autres

Malraux y a écrit son oeuvre magistrale, la Condition humaine. Albert Londres y a relaté le chaos des années 20. Joseph kessel s'est enthousiasmé de sa puissance latente. Avec leur style respectif, leur regard, ils ont tenté d'apprivoiser le dragon dormant. La Chine. Mais elle s'est réveillée et elle a faim. De leur témoignage, il ne reste plus rien. Sauf le souvenir d'un cliché d'une Chine du vingtième siècle. Le XXIe lui tend les bras. Elle le fera. Sans Mao et sans confucius. Quelques décennies plus tard, un journaliste rêveur part sur les traces de ceux aujoud'hui consacrés au Panthéon de la presse.

Mes articles ne pourront jamais intéressés un journal. Je ne m'intéresse pas aux puissants. Les médias officiels s'en chargent bien suffisamment. La Chine que j'aime, qui me surprend, qui me révolte est celle qu'on découvre en bas de chez soi. Dans la rue. Je raconte mes rencontres avec ce peuple, son quotidien, sa condition, ses curiosités. Et depuis mon arrivée je ne cesse de révoir mes interprétations, mes visions. De mes sentiments, ils se cubultent entre compassion, impertinence, approbation, estime...

Pas besoin de partir en voyage initiatique au fin fond de la Chine pour saisir la variété de ces différences. Il suffit simplement d'aller jeter un oeil derrière ces nouveaux building, symbôle d'une Chine conquérante qui prend modèle sur l'occident. Alors on y découvre qu'elle est loin d'avoir perdu son âme.

 Dans le souffle de son sillage...

Dimanche 24 juillet 2005

Je ne pouvais pas passer à côté. Si cette réévaluation du yuan n'a pas d'impact sur le commerce (voir ci-dessous), pour moi si. Mon porte-monnaie sera moins garni lors de mon expatriation. Puisque je pars essentiellement avec des devises (euros et dollars). Or l'avantage de passer une année dans ce pays, c'est bien la supériorité de son pouvoir d'achat. Surtout lorsqu'on part avec un pécule pas énorme et qu'il faudra tenir avant de trouver un travail. Petit à petit le Laowai perd de son avantage.

Une bouffée d'air ? L'abandon de la parité fixe du yuan avec le dollar et sa réévaluation de 2,1%, portant ainsi à sa valeur à 8,11 pour 1 $ ne semblent pas vraiment avoir créer de véritable soulagement parmi les partenaires commerciaux de la Chine. Un geste salué de symbolique. Mais pas plus. Les entreprises étrangères restent toujours la tête dans le guidon face à la déferlente des produits chinois à bas prix. Ces dernières n'avaient cessé de demander une réévaluation portée de 5 à 10%. Ils considèrent que le yuan est sous-évalué de 30 % par rapport au dollar et les pénalise dans leur échange, provoquant de fait une distorsion de concurrence. Guillaume Sarkozy, chef de la filière textile au Medef, accusaient les chinois de triche. Le geste chinois est donc loin de les satisfaire. Le commissaire européen Peter Mandelson "ne s'attend pas à voir un impact rapide ou significatif sur le commerce". Par contre les exportateurs chinois voient réduire leur marge à hauteur de 20%. Notamment dans le textile. Mais ils devraient bénéficier d'une baisse des matières premières, comme le pétrole et l'acier. Une maigre compensation, les prix des produits chinois importés devraient donc subir de fait une légère hausse.

Reste que cette décision réjouit les pays voisins de la Chine, dont leur coût de production se rapproche avec ceux de la Chine.

Pour autant il est difficile d'interpréter cette décision du gouvernement. Jusqu'ici, il n'avait pas répondu aux pressions de ces partenaires commerciaux, surtout ceux des Etats-Unis. L'interdépendance de l'économie américaine avec celle de la Chine est tellement profonde, que le gouvernement de Beijing peut à peu près faire ce qu'il veut. Peu convaincant sur la légitimité de cette décision, selon le China daily, cette réforme est indispensable  pour une économie de marché plus mature et plus sophistiquée, de nombreuses questions restent en suspend. Et les experts se perdent en conjoncture. Peut-on interpréter cette réévaluation comme un geste face aux quotas imposés par l'UE et les Etats-Unis.

Voici des liens qui ont fait la une des dépêches économiques. http://fr.biz.yahoo.com/050722/202/4ifhg.html et http://fr.news.yahoo.com/050722/5/4igh0.html

 

par Guillaume publié dans : géopolitique
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Lundi 18 juillet 2005

J'avais lu de lui le "capitalisme zinzin". Erik Izraelewicz, le directeur adjoint de la rédaction des Echos, quotidien économique, vient de signer un nouveau essai économique : "Quand la Chine change le monde". Un livre argumenté, il échappe aux prédictions, aux théories économiques ambiantes pour nous fournir une analyse claire et concise.

Le retour de la Chine ne devrait pas inquièter si on reste sur les théories économiques qui jusque là fondent l'économie mondiale. Ce serait l'ordre naturel. Les pays riches devraient même s'en satisfaire. Or la Chine risque de bouleverser la mondialisation et mettre définitivement au placard nos chers Ricardo, Smith et conseurs. " Quoi qu'il en soit, la Chine est et va être au court des vingts prochaines années au moins, le facteur de la déstabilisation de l'économie mondiale ", assure l'auteur. Et pour cause : le développement des pays s'étaient fait jusqu'ici sur les avantages comparatifs (revoir ces cours d'éco du lycée). Les pays les plus avancées laissaient leurs métiers traditionnels aux nouveaux pays qui pouvaient produire à plus bas coût et donc moins cher. De cette destruction naissait la création : de nouveaux métiers émergeaient reposant sur des technologies plus avancées. Le Japon dans les années 60 et les petits dragons dans les années 80 en sont les parfaits exemples. Ces derniers ont ainsi vu leur niveau de vie augmenté, lâchant à leur tour ces métiers qu'on susnomment aujourd'hui de faible valeur ajoutée à d'autres pays émergent, l'Indonésie... S'en suivaient une nouvelle répartition du travail sur le plan international.

Mais la Chine bouleverse tout. Par son gigantisme démographique, par le moment de son décollage (à l'heure du net) et par son hypercapitalisme sur fond de didacture. " Si le XIXe siècle a été pour nous celui de l'humiliation, le XXe siècle celui de la restauration, le XXIe siècle celui de la domination ". Reprenant les propos du gouvernement de Beijing, cette phrase peut nous faire froid dans le dos, pour nous les Européens. La Chine va retrouver sa première place, celle qui lui a été attribuée pendant des siècles. Elle n'est pas seulement l'atelier du monde, elle a investit l'Espace, les hautes-technologies. Là où l'avantage comparatif devait nous protéger.

Le XXIe siècle n'a pas commencé en 2001. Cela est juste une histoire de clandrier. Mais en 1979 avec l'arrivée de Deng Xiaoping. Nous y sommes. Et je reste étonné par notre aveuglement. Nous sommes les témoins d'un empire émergent qui remplacera à la tête les Etats-Unis, déjà en difficulté.

A nous de faire de l'Europe une zone économique viable reposant sur des modèles différents. Car en terme de coût et de compétitivité nous serons dépassés.

 

par Guillaume publié dans : livres
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Mardi 12 juillet 2005

Comme disait le gars Fernand dans un de ses sketchs "çà eu payé, mais çà paye plus". Le monde agricole français est angoissé. Les accords de l'OMC, dont la dernière réunion s'est tenue à Dalian, ville portuaire chinoise, sur la libéralisation du marché agricole et sur l'abandon des subventions à l'exportation sont toujours dans l'impasse. Les pays riches comme la France font blocage. La Chine quant à elle suit les recommandations de l'OMC. Déjà la PAC est menacée depuis l'arrivée de la Grande-Bretagne à la présidence de l'Union européenne. L'argument avancée par les tenants du libre court au marché pour les produits agricoles est de permettre aux pays pauvres de développer leur agriculture. Position soutenue par une ONG Oxfam, très influente à l'OMC. Cela peut paraître imparable et flirté avec nos bons sentiments d'empathie. Mais on ne décide pas de la stratégie d'un pays avec la charité. Si c'est la fin des subventions, qui ne sont d'autres que des compensations entre coût de production et prix de la vente, c'est mettre à mal toute l'agriculture française.

Quelle incidence pour notre pays ? C'est prendre le risque de tuer tout un pan de notre économie, d'alimenter les déséquilibres territoriaux. C'est également fragiliser l'industrie-agrolimentaire. Alors les prédictions de ce géographe des années 50 qui avaient titré un de ses livres : "Paris et le désert français" se réaliseraient.

Sous prétexte des relations Nord-Sud, devons-nous faire fi de notre autonomie alimentaire. Allons-nous sacrifier plus de 15% de notre richesse nationale. Ce serait faire preuve d'un manque de stratégie. On doit s'adapter à la mondialisation, mais pas à n'importe quel prix. Il en dépend de notre survie. Attention le pragmatisme du moment que la globalisation impose ne doit pas faire oublier les horizons. Un petit retour dans l'histoire est nécessaire. Après chaque grande libéralisation, une période de recroquevillement est observée.

Voir la dépêche de l'AFP du 12 juillet 2005.

http://fr.biz.yahoo.com/050712/202/4hzes.html

par Guillaume publié dans : géopolitique
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Mardi 12 juillet 2005

Je suis assez fier de ce reportage. Pour autant au départ ce n'était pas gagné. Rappel des faits : Ponpon, sous-entendre Christian Poncelet, président du Sénat et du conseil général des Vosges, faisait son petit tour de seigneur dans l'Ouest des Vosges, se réquérir des doléances des patrons locaux. Petit passage à la Sorepla, une entreprise située à Neufchâteau spécialisée dans le recyclage de bouteilles de plastiques. Toute la presse locale est là. Présentation chiffrée de la boîte et visite de l'usine. Jusqu'ici rien de vraiment intéressant. Ce genre de reportage fait partie des maronniers (dans le jargon journalistique, sujet qui revient souvent et qui comble un trou dans la page. Valeur journalistique : proche du zéro).

Un peu endormi, le patron se réveille enfin pour se geindre de la concurrence chinoise. Un déclic et mes neurones jusqu'ici en veille frivolent. "Ils nous coupent l'herbe sous le pied", insiste le patron. "Comprenez, ils vont s'apprivosionner directement sur le marché secondaire auprès des déchetteries des collectivités locales et surenchérissent". Le patron explique : "on ne peut pas suivre. Pas avec les normes environnementales qu'on nous impose et qui font bondir nos coûts". Ces sacrés chinois proposent le double de ce que peuvent proposer les européens et n'ont pas les même normes. Et confidence (pas sur l'oreiller) du patron au petit journaliste que je suis : "ils m'ont déjà faire une offre pour venir bosser chez eux. Ils m'offraient l'usine et le personnel clés en main. J'ai refusé". Le lobby du recyclage plastique, Valorplast, est également présent et insiste sur la menace. Un mois plus tard, une directive est votée favorisant  la préférence communautaire. Out les chinois. Néanmoins, ce qui a été le plus amusant dans cette rencontre, c'est le dialogue de sourd entre Ponpon et le patron de la Sorepla (ancien président de la maison des industries de plasturgie, filiale de la puissante industrie pétro-chimique). Pendant que l'un s'inquiètait du rapt des chinois, l'autre s'évertuait à le faire investir dans les pays de l'Est. Sauf qu'en matière de recyclage, seuls deux pays tiennent la dragée haute en Europe : L'Allemagne et la France. Les autres découvrent à pas d'escargot le recyclage.

La scène m'a amusé et m'a donné un bon moyen d'allumer le Seigneur des Vosges. On m'a servi sur un plateau l'occasion d'égratigner le président du Sénat. C'est pas tous les jours qu'on peut s'offrir ce genre de friandises en la qualité de localier.

par Guillaume publié dans : géopolitique
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Lundi 11 juillet 2005

D'après un récent sondage, le moral des cadres français seraient en berne. Outre leur prise de distance avec leur direction, le tassement de leur pouvoir d'achat qui reste malgré tout supérieure à la moyenne des français, ils ont peur de leurs collègues chinois et indiens. Costaud ces gars-là ! Il faut dire qu'il nagent avec une certaine aisance dans la nanarchie du business. Qui a dit que ces pays seront exclusivement l'atelier du monde, qu'ils ne produiront que du gros et en masse. La valeur ajoutée restera au pays, nous rassure-t-on. La réalité en est tout autre. La Chine multiplie ses offensives sur des secteurs qu'on croyait à être les seuls à détenir le savoir-faire, notamment dans les hautes technologies et les services. C'est bien vite oublié l'aventure japonaise. Copiage tout azimut et sans vergogne, quel pays peut contredire un mastodonte comme la Chine sans se faire zapper du marché, et dans la foulée la création. Entre temps nos entrepreneurs français pleurent, appellent au secours le gouvernement complètement dépassé. Poussif comme d'habitude. On attend toujours la contre-offensive. Un peu de moins rente, et sûrement plus de risque. La France doit passer d'une sociétaire rentière, basée essentiellement sur l'épargne et l'immobilier, à une société de business. C'est là notre salut.

"Dans les années à venir on va passer un sale quart d'heure. Et cela va durer au bas mot, une bonne cinquantaine d'année", dixit un journaliste allemand qui a résidé de nombreuses années en Chine en commentaire d'une soirée spéciale Arte sur la Chine. Cette phrase m'a marqué. Je ne compte pas faire partie de cette génération sacrifiée. Je me pose cette question : où sont passés les prospectives de nos experts ? Quant à mes collègues journalistes, ils me commencent vraiment à me faire pitié. Il faudrait peut-être retourné sur le terrain. çà bouge là-bas et à une vitesse effrenée et c'est pas le dernier article paru dans le Monde sur la vulnérabilité de l'économie chinoise qui est là pour me rassurer. Oser un parallèle avec le Japon, c'est un exercice risqué. D'un côté un peu plus de 150 millions de personnes, de l'autre 1,4 milliards. Et oui, cela fait une belle et grande différence.

par Guillaume publié dans : En réponse
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