Pater reporter

 

"Chine : chaos, éclat de rire devant le droit de l'homme. Un mobile : l'argent. Un but : l'or. Une adoration : la richesse". La chine est en folie. Albert Londres, 1925.

 

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Jeudi 4 août 2005

Le départ est pour bientôt. Plus quelques jours à attendre. Un flot de souvenirs remonte à la surface. Je repenses à ces personnes que j'ai croisé au cours de mes pérégrinations journalistiques. Peu avouable auprès de mes proches, leur vie est  traversée par la tragédie, les petites misères. Mais il se dégageait une force, une survie propre à l'homme qui force l'admiration.  

Yasmina

Je l'ai rencontré un soir dans mes tournées nocturnes à Nancy. D'origine marocaine, elle jouait les filles du joie. Lui parler comme une pute ou la considérait comme telle, elle ne manquait pas de vous en mettre une. "On m'achète pas", se répétait-elle souvent à dire. Il fallait y mettre les formes, la séduire.Une bouteille de champagne et un petit hôtel était un préalable. Pas question de le faire dans la rue. "Il y a que les russes à faire cela". Son caractère bien trempé me séduisait. Ses grands yeux noirs et sa peau mate me troublaient. Je me sentais bien avec elle. J'oubliais ma solitude, j'oubliais le temps d'un instant qu'en rentrant chez moi, le lit serait partagé par le vide de la solitude. Je la prennais dans mes bras comme un amant. Jamais nous avons eu de relation sexuelle. J'aurais eu l'impression de la souiller. J'aurais eu l'impression de me rabaisser à ces clients. Je n'étais pas des leurs. Sûrement un amoureux platonique.

Je rêvais de tendresse, elle aussi. On parlait puis il nous arrivait de nous endormir dans un silence complice. Je crois que je l'ai aimé. Et chaque jour je devais me battre contre les conventions sociales qui ont érigé mon éducation. Je me souviens encore de ce jour, sortant du petit hôtel où elle avait ses habitudes, je lui fis mes adieux. Je me souviens encore de son regard qui à cet instant s'est rempli de tristesse. Je l'étais aussi. Elle me glissa alors dans l'oreille un merci d'une douceur sucrée. "Merci de m'avoir regardé autrement", finit-elle. "Et merci pour mon amie". J'étais intervenu suite au viol de cette dernière. Partie finir la nuit avec un client dans une discothèque, elle s'était faite violer par le patron de la boîte et le client qui l'avait emmené. Elle avait porté plainte mais personne ne la prit au sérieux... Les risques du métier répond laconiquement la police... " Elle n'a ce qu'elle mérite". Blessant, insultant, je ne pouvais rester les bras croisés devant cette injustice. L'animal qu'elle voulait poursuivre en justice était un gros bonnet de Nancy. Un notable proche des franc-maçons, difficile à attraper. Après avoir enquêté grâce au soutien de la communauté des prostituées de Nancy, je publie le papier...en doublant mon rédacteur en chef, franc-maçon notoire. Et comme prévu, tout s'enchaîna, l'animal en question devait répondre des accusations. Aujourd'hui il est détention provisoire.

Aujourd'hui,encore, je m'endors avec le souvenir de son odeur et de ses grands yeux noirs. J'ai tout fait pour la sortir de la rue, du monde de la nuit. Je ne sais pas si j'y suis arrivé.

par Guillaume publié dans : journalisme
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Jeudi 4 août 2005

Fanfan, est mon petit frère. Né grand prématuré il y a dix-neuf ans, il est handicapé à 80%. Sa vie c'est sa famille, le seul endroit où il se sent aimé et protégé.

Le regard des autres est toujours le même : il fuit. De te voir dans ton fauteuil les indispose, leur rejette l'image que la vie est fragile, que l'handicap existe. Et pour cela tu es seul. Pas d'amis, pas de copains. A 19 ans comme toi, ils préfèrent vivre leur amours, leur beuverie, leur insouscience. Pour eux tu n'es que pitié, le temps d'un instant quand il te croise dans ton fauteuil au détour d'une rue. Une fois croisée, tu n'existe plus, ils t'ont oublié. Tu reste silencieux et ton regard se remplit de solitude. A quoi bon.

Ne t'en fais pas petit frère. Je pars loin mais je penserai bien à toi. On ne te lâchera pas. On ne te reniera pas. On laissera personne, pas même la distance, barrer notre fraternité. Je me suis engagé à m'occuper de toi lorsque les parents ne le pourront plus. Je ne te laisserai pas croupir dans un institut quelconque. Et même si cela m'oblige à changer de vie, à faire des renoncements. Car je sais que ce jour viendra. Comme les parents ont fait ces dix-neuf dernières années. Nico et moi on a un engagement pour la vie vis-à-vis de toi.

Je pars tant que cela est possible. Mais je reviendrai...

par Guillaume publié dans : En réponse
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Jeudi 4 août 2005

Rosa

Elle était connue de tout le monde à Compiègne. Son adresse : un petit van bleu vieillot dans la forêt domaniale. D'origine roumaine, cela faisait plus de 25 ans qu'elle donnait du plaisir aux hommes. La vie l'avait un peu cabossée. Elle avait pris des formes mais on pouvait deviner que plus jeune elle devait être séduisante. Si elle avait perdu toute naïveté, elle avait néamoins gardé son regard espiègle. Rosa avait son franc parler, un don pour mettre les gens à l'aise. A midi, devant son petit van, on faisait la queue. Pas de lutte des classes, cols bleu et blanc se mélangeaient. C'était l'apéro comme elle s'amusait à dire. Chrono en main, elle alignait les "pipes". On s'aurait cru un jour de fil d'attente à l'anpe. Depuis que je l'avais rencontré dans un bar où elle avait l'habitude de se torcher, je passais tous les midis pour évaluer la file d'attente. La scène m'amusait : je pariais l'apéro avec mes collègues. "Combien ? Quinze bonhommes aujourd'hui. C'est moins qu'hier. La pluie sans doute". Entre deux enquêtes de faits divers, j'allais la voir. Une bouteille de whisky et une thermo de café chaud en main. Le milieu de l'après-midi, c'était plutôt creux. On avait le tend de tailler une bavette. Je m'esclaffais de rire de ces anecdotes. Plus gratinées des unes des autres. Mais derrière ce sourire, je devinais une profonde tristesse, une mélancolie qui vous colle à la peau lorsque la vie ne vous a pas fait cadeau.

Un soir retournant au boulot après une petite sieste chez elle, elle découvre que son van est en feu. Elle doit dégager le terrain. Des proxénètes des pays de l'Est veulent lui prendre son territoire et y exploiter des filles de chez eux. Elle ne se laisse pas faire et met le feu à tous les vans parsemés dans la forêt. Elle est arrêtée quelque temps plus tard. Au tribunal, elle arriva comme une princesse, vétue d'une petite lignerie fine et transparente sous un faux manteau de fourrure. Avec sa gouaille habituelle, elle se défend comme elle peu. Explique que c'est son gagne-pain et que les impôts ne se privent pas de la ponctionner. Mal en a pris au président du tribunal de lui faire la morale qui se voit rétorquer : "ce n'est pas ce que tu me dis quand tu viens me voir". Eclat de rire au tribunal. Elle est relâchée dans la minute mais doit s'acquitter d'une amende pour destruction de biens d'autrui. On la retrouvera deux mois plus tard dans un fossé de la forêt avec une balle dans la tête. Ces assassins courent toujours.

par Guillaume publié dans : journalisme
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Jeudi 4 août 2005

Faq des conseils des expatriés et des routards sur l'accès bancaire et les moyens de paiement. Ce n'est pas exhaustif. Mais j'ai tiré de différents forums quelques conseils intéressants (Le routard, le lonely...)

Avoir plusieurs moyens de paiement avec soi, au cas où on a un probleme avec sa carte par exemple. La commission sur les traveller n'est vraiment pas très élevée : par exemple pour changer 300 euros, la somme de toutes les commissions (en France lors de l'achat des traveller + en Chine lors du retrait des espèces) est revenue à 9 euros (soit 3%).

Retirer du liquide avec la carte (une visa) à l'aéroport de Pékin pour l'équivalent de 300 euros la commission s'élevait à 22 euros (plus de 7%)

Les traveller's et la carte visa : on peut s'en servir que dans les "bank of China" ..à chacun de voire si vous préfèrez les chèques pour la sécurité ou la carte pour la "souplesse" (retrait de nuit et pas d'attente) ...
Les Bank of China sont situés en centre ville et "assez" nombreuses. "Au début on a fait un change d'euros (qui peut se faire dans les bank of China et aussi dans les Industrial and commercial bank of China .. par contre dans la banque près de notre hôtel dont j'ai oublié le nom c'était pas possible ...à la BoC on n'a pas attendu et le gars parlait un tout petit peu anglais ..on a aussi changé directos en arrivant à l'aéroport en faisant la queue 10 minutes). Après faut voir le coût des opérations et j'avoue que je ne me suis pas pris la tête avec ça ..j'atends de voir combien mon sympathique banquier va encore me prélever pour chaque retrait avec la carte Visa :-( Une chose est sûre, tu ne peux utiliser ta CB que dans la BoC (même dans des distributeurs autres qui affichent Visa ça ne marche pas!) et ce n'est pas tjs évident de payer en CB au resto ou à l'hôtel ... "

Les cartes Visa sont acceptées a l'Industrial Bank of China, a la Citibank... Et aussi dans certaines agences de l'Agricultural bank, a la China Merchants qui a au moins un DAB pres du lac Houhai, a la Bank of Shanghai etc.
http://www.cartebleue.fr
Pour le change c'est pareil ; entrez et demandez ; si ce n'est pas possible la on vous dira ou aller.

"Nous sommes partis avec presque tout notre argent en TC. Aucun probleme pour les changer ds les Bank of China ( seulement) . Mais si tu pars 1 mois tu changes 1 ou 2 fois ce q il te faut , donc tu n'as pas besoin de chercher 50 fois des banques.... c plus simple.
La carte est une securite en plus... nous on en a pas eu besoin.
Un peu de liquide c est bien aussi ,,si on a vraiment besoin d argent ds une ville qui ne prend pas les TC ( rares en chine) . Il y a que ds les tous petits villages q tu ne pourras pas
".

Sur les conseils de Canghsu, voir sur le blog de liuzhou laowai un article très intéressant sur l'ouverture d'un compte bancaire et de ses difficultés (en anglais).

par Guillaume publié dans : expatriation
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