Pater reporter

 

"Chine : chaos, éclat de rire devant le droit de l'homme. Un mobile : l'argent. Un but : l'or. Une adoration : la richesse". La chine est en folie. Albert Londres, 1925.

 

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Mardi 1 novembre 2005

Je voudrais faire à tous les bloggers mes excuses pour avoir mis en lien par étourderie ou inadvertance le blog d'un certain Cortes qui vient d'être condamné par la justice pour propos racite, insulte raciale... JE NE CAUTIONNE PAS CE GENRE D'IDEES. ET Sur mon blog les propos racistes ou diffamant ne sont pas autorisés. je remercies un de mes lecteurs que j'ai rencontré ce soir au Scarlet, il se reconnaîtra, pour m'avoir indiqué l'information. Mes sincères et profondes excuses.

Guillaume

par Guillaume publié dans : En réponse
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Dimanche 30 octobre 2005

Le Monde et Libération traite de la politique de Beijing vis-à-vis du Tibet. L'un approuve, l'aure condamne. Analyse de Media Rating qui est une agence de notation des médias. Leurs critiques sont souvent acerbes. 

Habitués aux prises de position du Monde, voix des opprimés et des victimes de l’impérialisme et de la colonisation, c’est avec stupeur que les lecteurs du Monde ont découvert dans le numéro daté du 22 octobre 2005 un véritable hymne à la politique chinoise de mise en coupe réglée du Tibet.

Très subtilement, cet article intitulé « Pékin approfondit l'intégration du Tibet dans l'espace chinois par le chemin de fer », cautionne la politique criminelle de la Chine qui, faut-il le rappeler, a envahi le Tibet en 1949 et l'a colonisé entièrement au point de progressivement remplacer la population autochtone par des Chinois. Ainsi, entre 1949 et 1979, plus de 1 200 000 tibétains sont morts sous l'occupation chinoise.

Dès le titre de l’article, le décor est planté : on ne parle pas de « colonisation » mais « d’intégration ». Cette idée sera reprise dans le corps de l’article : « Pour Pékin, il s'agit de développer une zone économiquement "arriérée" tout en poursuivant la sinisation d'un Tibet historiquement rétif à l'intégration ».

Notons tout de même que le terme de « colonisation » apparaît dans l’article, mais entre guillemets comme pour mieux s’en distancier : « un trafic estimé à 900 000 voyageurs l'an permettra également à Pékin de poursuivre la "colonisation" du Tibet par l'ethnie Han ». Mais tout ceci ne semble pas perturber le journaliste du Monde

Enfin, l’article se termine par une véritable ode à la puissance chinoise et à l’écrasement du Tibet : « L'achèvement de ce projet a été l'occasion pour le régime de célébrer "un triomphe sans précédent dans l'histoire humaine" , comme l'a dit le président, Hu Jintao. Dans un éditorial, le quotidien anglophone China Daily vient de faire le parallèle avec le récent succès du deuxième vol habité chinois dans l'espace en remarquant que ces deux réalisations "sont la résultante de la montée en puissance tous azimuts de notre force nationale". Plus que jamais, le Tibet sera chinois ».

Notons aussi que cet article utilise un vocabulaire qui semble tout droit extrait d’un argumentaire commercial écrit au siège du Parti Communiste Chinois : il est question d’une véritable « Prouesse technique», du « train le plus haut du monde », d’un « impressionnant projet ferroviaire destiné à désenclaver… », d’un « projet pharaonique ». « Les premières classes seront pressurisées… et disposeront de restaurants de luxe ».

Oubliés les ravages écologiques causés par la politique des grands barrages ! Dans leur grande sagesse, les autorités chinoises prennent désormais les problèmes d’environnement en considération. Ainsi, approuve notre thuriféraire, « sur le plan écologique, les autorités semblent, pour une fois, avoir pris conscience des nécessités de protéger la flore et la faune dans des zones encore préservées de toute industrialisation : plus de 200 millions d'euros ont été consacrés à la protection de l'environnement, notamment pour épargner des espèces rares d'oiseaux et d'antilopes. »

Nous voilà rassurés sur les bonnes intentions des dirigeants chinois à l’égard des animaux tibétains !

Et pour les femmes et les hommes tibétains ?

Pourquoi Le Monde est-il aussi complaisant avec l’occupation chinoise du Tibet ?

Pourquoi Le Monde, qui avait déjà consacré en octobre 2003 une large et exorbitante couverture au lancement du premier cosmonaute chinois (appelé « taïkonaute »), s’aligne-t-il sur les positions chinoises ?

 A l’époque, nous avions déjà constaté que l’office du tourisme chinois avait acheté de nombreuses pages de publicité dans Le Monde dans les jours qui avaient suivi. Sans doute un pur hasard…

Il est vrai que ces pages de publicité sont autrement plus rémunératrices que les annonces de conférences du Dalaï Lama !

A moins que Le Monde ait une fois de plus décidé de coller à la ligne diplomatique défendue par le Quai d’Orsay : cautionner les dictatures, du moment qu’elles s’opposent au Etats-Unis.

Mais peut-être reste-t-il encore quelques maoïstes au sein de la rédaction du Monde…

 A l’inverse de l’incroyable cynisme du Monde, nous avons observé que Libération du 25 octobre 2005 a sauvé l’honneur de la presse française en adoptant une position radicalement opposée sur le même sujet : « La colonisation chinoise sur les rails au Tibet »

Ainsi, si Libération a aussi salué « la prouesse technique » de l’ouvrage, il n'en a pas moins condamné sa dimension politique en s’exprimant de façon très explicite - « colonisation », « colons », « génocide culturel » - tout en mettant en doute la version officielle chinoise, notamment sur les conditions de travail du chantier.

 Source : Media Rating

par Guillaume publié dans : Veille de la presse
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Vendredi 28 octobre 2005

Il n'est pas perceptible aux yeux des étrangers. Du moins au jambon-fromage que je suis. Mais le racisme chez les Chinois existe bel et bien.

Ibrahim n’avait pas encore ces 25 ans. Il y a deux jours il décède brutalement d’une crise cardiaque dans sa chambre du 5e étage du foyer pour étudiants étrangers à hehai daxue. Ibrahim venait de Sierra Leone et était un garçon plutôt discret. En master environnement, il entamait sa deuxième année en Chine. Il était de mon étage et je le croisais de temps à autre : quelques courtoisies et de bardages de bon usage, rien de plus. Suit à son décès toute la communauté africaine de Nanjing est venu au foyer pour participer à un hommage à un compatriote. Car ici les Africains oublient leur querelle ethnique et font bloc derrière un seul mot, magique : l’Afrique. Leur solidarité est même à citer en exemple. Ils viennent du continent noir et de par leur peau, ils se serrent les coudes. Car si le racisme n’est pas autant visible, il y a des évènements qui marquent toute une communauté.

Ils se souviennent de cette gigantesque manifestation des étudiants chinois contre le fait que des Africains sortent ou entretiennent des liaisons avec des chinoises. Certains ont même été pourchassés dans la ville. Ils ont pu fuir en traversant le Yangtsé, à la nage. Les choses ont changé depuis, concluent-ils. Ils en parlent peu. « De toute manière, partout où on ira on sera vu comme un noir, une curiosité malsaine. Les gens dans la rue viennent nous toucher pour savoir si notre peau est naturelle. Les enfants imitent les singes. Les parents acquiescent comme si on ne comprenait pas ». Alors ils sortent ensemble, se rassurant par le nombre. « Les gens ici ne sont pas violents mais… ». Fin de la discussion. Je suis Français blanc, un jambon fromage comme ils s’amusent à dire, je ne peux pas comprendre. Je n’insiste pas.

Ce racisme latent chez les Chinois n’est pas nouveau, ils l’exercent avec art contre la communauté musulmane chinoise. Ils s’évitent, Ils se côtoient. Rien de visible : pas de tag insultant ou de profanation comme en Europe ou en Occident. Tout l’art consiste de vivre à côté en s’ignorant ou se moquant. Si les Han ne se privent pour manger dans les restos des Ouigours, l’inverse est plus rare. D’ailleurs la communauté musulmane chinoise fait partie de la classe des plus pauvres. L’accès aux fonctions dit nobles est bloqué. Bien sûr cela n’a rien d’officiel. Mais le parti communiste chinois a cette particularité d’avoir laissé vibrer le sentiment ethno-nationaliste volontairement. Car on le sait : la Chine n’est pas un pays uniforme comparé à la France et cela malgré la propagande. Ses divisions régionales et culturelles sont profondes et il suffirait que le gouvernement central implose pour que le pays replonge dans ses vieux démons. Sans compter qu’ici c’est la loi du sang qui fait la nationalité. Aucun étranger, même marié à une chinoise et ayant des enfants nés en Chine ne pourra revendiquer la nationalité. Comme si l’éternité d’un pays passe par la pureté de son sang. En France, tout le monde s’insurge, ici c’est normal et personne ne trouve à re-dire. Peut-être parce que la Chine était jusqu’ici un pays communiste à l’économie émergent. Qu’en sera-t-il demain quand elle sera la première puissance mondiale ?

 

par Guillaume publié dans : En réponse
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Vendredi 28 octobre 2005
La Chine, l'eldorado du business ? Les médias le répètent à tout vent incitant le lambda à explorer les opportunités. Mais ce que l'on explique pas : c'est l'envers du décor. Témoignage de Yann sur l'art de faire du business en Chine. Cela vaut son pesant d'or et met en branle toutes les belles théories et analyses de nos économistes dont la seule source reste des chiffres bien officiels. Petite leçon d'humilité et de perspicacité pour les plus téméraires.
par Guillaume publié dans : actu des chinablogs
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Vendredi 28 octobre 2005

Rencontrer des collègues fait toujours plaisir. Surtout lorsque l'invité de marque pour ce vernissage d'expos-photos à l'Alliance Française de Nanjing n'est rien d'autre que le patron de l'AFP Chine, accompagné de deux de ces photographes. Tandis qu'une amie photographe s'est accaparée un des deux reporters photos, je suis allé à la pêche auprès du boss : petite présentation de nos parcours respectifs et petit tour d'horizon de la présence des journalistes français en Chine. Rien de bien rassurant. J'avais quitté notre hexagone car j'étouffais dans la masse des journalistes. Trop nombreux, trop de galères. En Chine, je m'étais dit que la concurrence ne serait même pas sauvage. Que nenni ! Même ici, les pigistes déboulent à grand renfort et font de Beijing leur nouveau sacerdoce. Pfff, il n'y a pas moyen de piger tranquillement sans que certains viennent vous piquer un morceau dans l'assiette. Je sais ce qu'il me reste à faire : trouver un autre pays. Mais lequel ? La Chine est sous les projecteurs et elle le sera de plus en plus, hors année de la France qui s'est terminée récemment. Bref, il va falloir à nouveau montrer les dents et convaincre.

Le boss c'est Philippe Massonet. Angevin comme moi il a débuté au Courrier de l'Ouest dit le Bourrier pour les initiés. Un torchon pour résumé. Il s'est retrouvé à l'Union de Reims (autre torchon local) comme faits-diversier. Dans le même temps, il prend des cours de chinois. Estimant avoir fait le tour de la presse régionale, il part en 1985 en Chine comme pigiste. Il y reste quatre ans. Il rencontre sa femme, fait des enfants. Cherchant une stabilité pour raison familiale on lui fait une offre et revient en France mais la Chine lui manque. Il apprend qu'une place se libère à l'AFP Chine et tente sa chance. Succès.

par Guillaume publié dans : Nanjing
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