Pater reporter

 

"Chine : chaos, éclat de rire devant le droit de l'homme. Un mobile : l'argent. Un but : l'or. Une adoration : la richesse". La chine est en folie. Albert Londres, 1925.

 

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Mercredi 1 février 2006

Pierre Haski a parcouru la Chine pendant plus de 10 ans. Il nous ému avec le journal de Ma Yan et a suscité chez les lecteurs de Libération un souffle de solidarité envers les enfants pauvres des campagnes chinoises. Avec son blog, il a donné envie, il a entretenu la flamme du dialogue contreversé. Il a été par moment censuré. Ses lecteurs l'ont encouragé, dénigré. Il vivait simplement. De cette humilité, il est devenu le hérault d'une certaine liberté de la presse dans un pays où la censure et la répression sévissent.

Pour les blogueurs installés en Chine, il était devenu un référent. On voulait connaître son regard. Tout simplement le lire. Il suscitait tant d'enthousiasme que chacun d'entre nous tentait de contourner les censures chinoises qui nous empêchaient d'accéder à son blog.

Il est reparti en France le mois dernier. Après les soubresauts sociaux de Libération, on l'a rappelé pour un poste de directeur adjoint de la rédaction. Il a mis fin à son blog le 6 janvier. Pierre Haski nous manque. Les commentaires suites à ces articles provoquaient accords et désaccords. Ce débat aujourd'hui fait défaut et laisse les blogeurs français en Chine orphelins.

Merci Monsieur Pierre Haski.

par Guillaume publié dans : journalisme
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Mercredi 1 février 2006

En face du 1912, le quartier des boîtes de nuit, de l’autre côté de Taiping Beilu, se situe ce que j’appelle le Pigalle de  Nanjing. Dans un maillage croisé de petites rues, se concentre des centaines de prostituées. Dès la nuit tombante, et ce jusqu’au petit matin, elles attendent le client, jeune ou vieux : 200 à 500 yuan la passe. Les boutiques se succèdent les unes collées aux autres. Une à cinq filles par établissement. Elles dorment là, vivent là, mangent là. Dans des conditions précaires. Leurs sorties à l’extérieur sont rares et contrôlées. (Il n'y a pas de racollage) Même le temps pour fumer une cigarette. Et lorsque la nuit se fait plus sombre et que l’agitation de la rue s’est atténuée, des 4x4 sillonnent les rues. Des hommes en sortent et vont de boutiques en boutiques. Ils restent le juste le temps de recueillir la manne de la soirée et de la veille. De temps à autres, ils embarquent une fille. Ils la traîneront dans les bars et boîtes et...

par Guillaume publié dans : petites curiosités
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Mercredi 1 février 2006

Elle est partout. Elle surveille, contrôle, protège mais elle se fait invisible. La mafia chinoise suscite curiosité et crainte.

 

Il est difficile de récolter des renseignements sur la mafia chinoise. Souvent ce sont de simples banalités transversales à toutes les mafias qui sont mises à jour. Depuis mon arrivée, je n’ai récolté que des bribes d’informations, des anecdotes, des rumeurs. Au détour d’une discussion avec un patron de boîte trop bourré ou celui de témoignages de laowai qui ont assisté en pleine rue à des règlements de compte.

Hang jing est le patron de plusieurs discothèques connus dans le Jiangsu. Il est entre autre propriétaire des Scarlet (deux à Nanjing et une à Suzhou) et d’un bordel de luxe, le Lafayette Club à Nanjing. Un peu éméché, accompagné d’une escort girl, il raconte ses mésaventures avec la mafia. Ses affaires ne marchaient pas trop mal, l’ouverture de sa nouvelle boîte, le small Scarlet était devenu la référence dans les nuits pauvres de Nanjing, il décida donc de se passer de la protection de la mafia. Sans tarder, celle-ci lui rappela avec fermeté la nécessité d’une protection. Un gang de rue sous contrôle sous de la mafia locale, armé de machettes et de haches prirent d’assaut son bureau et le blessa à coup de haches. Effrayé par ce coup de force, il paya ses cotisations comme convenus. Quelques temps plus tard, lassé d’engraisser les gangs locaux, il décida à nouveau avec son partenaire d’affaire, un camerounais, de ne plus se payer les services imposés de la mafia. Nouvelle intervention de cette dernière mais ils réussirent à fuir. Hang jing se cacha pendant un bon mois et s’entoura de garde du corps. Le temps que les choses se calment. Face au mur et dans l’impossibilité de s’opposer, il envoya des émissaires pour régler le problème. Il n’a eu d’autres choix que de payer. Depuis la leçon semble bien avoir été apprise, non seulement il paye la protection mais doit fournir à ses frais une salle VIP avec boisson aux gangs locaux qui ne se privent pas d’un tel cadeau. Régulièrement, on les devine dans la discothèque, assis toujours dans la même salle VIP. Sous leur manteau, plus ou moins dissimulées, ils cachent leurs armes blanches.

A la sortie des boîtes de nuit, de nombreux laowai ont été témoins d’assassinats. Il y a quelques mois, un homme est abattu à coup de révolver devant la porte d’entrée du Small Scarlet. Trois semaines plus tard, c’en est un autre qui tombe sous 18 coups de couteaux, au même endroit. Au Big Scarlet, un jeune homme échappe de la mort de justesse : le coup de machette ne lui pas été fatale. Aucun des témoins étrangers n’a été convoqué par la justice ou la police pour raconter ce qu’ils ont vus. Ces histoires se règlent dans l’ombre de la corruption et des luttes de pouvoir entre mafias et police.

De nombreux mafieux et gangs locaux, de par une corruption généralisée, entretiennent des relations très étroites avec la police ou avec les potentats locaux qui leur assurent une certaine protection. Il y a deux semaines, le nouveau chef de la police voulant mettre la main sur le quartier des boîtes de nuit a bouclé le secteur pendant une semaine. Chaque propriétaire d’établissements devait se soumettre sous forme d’enveloppes. Depuis peu rouvert, on ne connaît pas la fin du mot de l’histoire.

La mafia est partout présente. Elle se fait invisible aux yeux des étrangers et ne s’intéressent pas eux. A moins que ces derniers rentrent dans le business de la nuit. Et dans ce cas ils n’auront d’autres choix que de se plier à leur volonté. Ou s’ils refusent c’est la mort au coin de la rue. Cela a été le cas de deux Américains assassinés à Shanghai en octobre dernier pour être entré dans le business de la drogue.

 

par Guillaume publié dans : petites curiosités
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