ALBERTCHINE
ou le regard d'une autre Chine
A Propos de l'auteur

Trouvetoutchine
Le blog des petites annonces de particulier à particulier.
Touvetoutchine
Dans ma petite ville, un restaurant asiatique s'est installé il y a moins d'un an. A Angers, la préfecture situé non loin de chez moi, quatre nouveaux retos se sont ouverts en moins de cinq ans. A Toulouse l'établissement tourne carrément à la cafétaria self-service, ouvert 7 jours sur 7, de 7 h à minuit. Ces dernières années aller au chinois est devenu aussi banal que d'aller chercher son kebab. Déjà que le couscous est devenu plat national, le carnard laqué au riz cantonais pourrait bien le devenir.
Pour les natifs du coin, l'Anjou n'étant pas une terre d'émigration et d'immigration, cette implantation leur a délié les langues. Et mes parents les premiers. Tous les stéréotypes y sont passés. Quitte à faire grincer les dents. "Ce sont des gens discrets. Ils ne se mélangent pas". A restaurateur du coin qui se plaignait de la pénibilité de son travail, il s'est vu rétorquer par la boulangère : " Eux, ils se plaignent jamais. Ils travaillent durs". Une valeur dans notre région qui continue toujours à faire l'estime d'une personne. Ils ont attiré la curiosité. A vrai dire personne ne sait s'ils sont chinois. Même pas moi, qui y vient manger de temps à autre. Mais j'ai ma petite idée. 
" Nous on les aime bien. Ils nous font pas chier comme les maghrébins. Ils règlent leurs histoires entre eux et bossent. Pas comme ces fainéants". La remarque fait mal. Ce n'est pas y douter. Néanmoins, je ne compte plus le nombre de fois que je l'ai entendu. Bien sûr ces stéréotypes ne se veulent pas méchants mais sont fabriqués par l'ignorance. Il ne s'agit pas du racisme à proprement parler. A discuter au café-pmu du coin, le chinois bénéficie d'un certain respect et d'estime. Parfois certains les confondent avec les japonais. "Ils nous font rigoler avec leur appareil photo". Il faut dire que le seul car de japonais qui a traversé cette petite ville a fait l'effet d'une bombe. Ils sont tombés en plein enterrement (mon père est le croquemort de la ville), ils sont descendus du car et mitraillés la scène. Cours en direct d'ethnologie française.
Mais au fond persiste une méfiance : "ils ne disent jamais ce qu'ils pensent". Alors l'imagination fait le reste : mafia, exploitation, clandestin...
De ces stéréotypes, les Chinois méritent mieux... Une civilisation si riche.
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