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"Chine : chaos, éclat de rire devant le droit de l'homme. Un mobile : l'argent. Un but : l'or. Une adoration : la richesse". La chine est en folie. Albert Londres, 1925.

 

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Lundi 5 septembre 2005

Il n’y a pas à dire. Résumer ces impressions quand on arrive en Chine se révèle être un exercice difficile.

Vos yeux s’arrondissent de curiosité et de découverte, vous rendant un peu plus occidental. Vos oreilles saturent de sons et de bruits, amplifiant l’illusion anarchique que règne dans la ville. Votre palet découvre des saveurs où le sucré se mélange aux épices. Votre odorat oscille entre la puanteur de la pollution et les brochettes grillées et caramélisées. Un nouveau monde s’offre à vous. Parfois avec malice, parfois avec fascination et plus rarement avec mépris. L’étranger n’est ni roi ni dieu. Et c’est à regret qu’on rencontre des expatriés qui confondent arrogance et orgueil. Blasés, ils le sont. Après la découverte, la routine. Alors pourquoi restent-ils ? Jamais dans leur pays respectif, ils ne retrouveront la position dont ils bénéficient : des privilégiés. L’intelligence n’est pas de se démarquer dans son boulot de managment ou de marketing mais d’amener une harmonie entre leur culture et celle de leurs hôtes. Telle est l’aventure. C’est ce en quoi je suis déçu de nombreux laowai et c’est ce que j’appelle l’abus de position dominante.

Nanjing est la ville de tous les extrêmes, chinoise jusqu’au bout des ongles. Encore peu polluée par l’influence occidentale, comme à Shanghai. D’ailleurs les chinois anglophones le martèlent : Shanghai ou Hong-Kong ce n’est pas la Chine. C’est un peu comme New-York pour les Etats-Unis. Il est rare de trouver un chinois qui parle anglais et même à l’université. Dans la rue, ils se détournent, s’amusent de notre allure, s’interrogent et nous interpellent pour prendre une photo. On entend des hellos, des how are you sans cesse. Les filles pouffent de rire en nous croisant, charmées et surprises. Les personnes âgées s’arrêtent près de nous pour nous observer, l’expression cachée derrière un visage impassible. Les marchands nous courent après pour rentrer dans leur boutique. Les serveurs et serveuses de restaurant multiplient les efforts pour que notre repas soit des plus agréables. Ils mettent les petits plats dans les grands. Et toujours la même chose : marchander. Jouer la comédie, tirer les prix au plus près des prix chinois.

Nanjing c’est à la fois la ville et la campagne. La pauvreté et la richesse se croisent sans heurts. On ne lit ni désir ou envie. Les chinois ne font pas état de leur sentiment. Ce serait perdre la face. La pire des choses qui leur puissent arriver. Un peu comme pour les Gaulois version Goscini avec la peur du ciel qui leur tombe sur la tête. La pauvreté présente partout côtoie en bonne harmonie la richesse, chacun trouvant sa place tout en sachant que l’un pourra rejoindre l’autre. C’est le pays des possibles. C’est une ville en mouvement. On construit vite. Ils étaient pauvre hier et avaient parfois faim, ils sont modestes aujourd’hui, ils seront peut-être riches demain. Tout invite à croire. Leur boulimie de consommation se révèle contagieuse. Confucius et Mao font partie du patrimoine. C’est loin. Leur seule croyance : posséder, amasser de l’argent et de le montrer. D’ailleurs le chic des bourgeois locaux est de sortir dans les lieux de nuit où se retrouvent les expatriés et de les imiter, tout en gardant avec subtilité leur culture.

par Guillaume publié dans : Nanjing
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Commentaires

Resumé assez juste des Laowai, ici aussi ils se comportent de la meme facon je trouve ca rabaissant.
Commentaire n° 1 posté par Yann le 06/09/2005 à 01h12
Bienvenue en Chine !
Tu le vois, comme je l'avais écrit, Nanjing c'est un peu la "petite ville de province" de chez nous (sans connotation péjorative).

Maintenant, les laowai au comportement arrogant, ce sont ceux que tu vois ... les autres, les intégrés, tu ne les remarque justement pas !
Et ils sont nombreux ces intégrés, souvent mariés avec une autochtone, ce rend d'autant plus dommage qu'une minorité donne une image pas très agréable des étrangers à ceux qui sont nos hôtes.
Commentaire n° 2 posté par Cangshu le 06/09/2005 à 02h03

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