ALBERTCHINE
ou le regard d'une autre Chine
A Propos de l'auteur

Trouvetoutchine
Le blog des petites annonces de particulier à particulier.
Touvetoutchine
Fascinant et oppressante, cette ville ne m'a pas laissé indifférent. Et elle m'a permis de comprendre que Nanjing était devenu mon chez moi, savourant avec délice sa douceur de vivre.
Shanghai, c’est quatorze millions d’habitants. Une immensité et une densité qui vous oppressent dès votre arrivée. Cette sensation ne m’a jamais quitté pendant mes trois jours de visite. Elle vous désoriente. Son rythme effréné vous épuise et provoque une fatigue permanente. Tout semble aller trop vite. La capitale économique de la Chine court après la notoriété, elle veut rentrer dans le clan très fermé des grandes villes du monde qui comptent. Elle copie, elle arrange à sa guise. Son décor est anachronique. D’un regard furtif sur le Bund, on aperçoit New-York. On reste hébété devant un building à l’architecture greco-romaine. Camouflé dans la nuit et sous l’effet pervers des jeux de lumière des building, on croirait apercevoir la Tour Eiffel. On y voit Londres avec une pâle copie de Trafalgar square. Shanghai c’est la nouvelle ville du nouveau siècle. Sans époque, moderne, un mélange de toutes les influences qui se sont partagées cette ville pendant un siècle.
Tournée inlassablement vers le commerce, elle transpire le business, gonflée d’extérieur par ses panneaux publicitaires lumineux. Chaque marque, chaque entreprise se bat pour avoir sa place le long du fleuve. Lors de la promenade sur le bateau, on assiste malgré nous à un défilé de logos, de publicités, plus grandiloquents les uns des autres. C’est un spectacle de lumière en permanence. La nuit, Shanghai paraît si belle. Cachant au mieux, son anarchie urbaine le jour.
Trop semble la définir. Trop grande, trop contrastée, trop agressive, trop oppressante, Shanghai devient la nouvelle capitale du Monde. Après Rome, Paris, Londres, New-York, elle prend le relais. L’avenir se joue ici. Beijing est dépassée par la vitalité de cette ville émergente. Nanjing est si tranquille en comparaison, si provinciale. Sa douceur de vivre coupe de l’agressivité de sa grande sœur.
Bien sûr de Shanghai, je n’ai vu que ses endroits les plus connus. Mais pour le moment ses mystères me laissent de glace. J’y reviendrai, c’est sûr. Un autre moment dans l’année. La période ne s’y prêtait pas : avec les vacances nationales, la ville surabondait de monde. Des hôtels pleins, des tarifs multipliés par deux.
Shanghai c’est également la mentalité des capitales. L’indifférence semble reine, l’individualisme base de tout libéralisme s’est ancré dans les mœurs sans aucun souci. Tant à Nanjing la pauvreté n’est pas synonyme de misère, à Shanghai les deux se confondent. Comme si l’atmosphère de cette ville a balayé d’un trait la traditionnelle solidarité chinoise. Les gens peuvent crever dans l’indifférence. Quittant leur campagne, rêvant de richesse, leur vie n’a été qu’un souffle d’espoir. Voire de désespoir.
Ici le contraste est saisissant, se côtoient l’ultra-milliardaire surprotégé et le pauvre gueux qui misérablement cherche à récolter les quelques miettes des orgies des plus grands.
Chacun peut y voir ce qu’il veut dans Shanghai. Elle se révèle fascinante car il n’y a pas qu’une seule lecture.
(Version après rectification orthographique)
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