Pater reporter

 

"Chine : chaos, éclat de rire devant le droit de l'homme. Un mobile : l'argent. Un but : l'or. Une adoration : la richesse". La chine est en folie. Albert Londres, 1925.

 

A Propos de l'auteur

Guillaume dit le chouan

Trouvetoutchine

Le blog des petites annonces de particulier à particulier.
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Samedi 11 février 2006

Le mois dernier, un bizutage dans l’armée russe qui a tourné au drame faisait la une des médias internationaux. L’intervention du comité des mères de soldats a permis de mettre en lumière ses brimades gratuites et l’état de décomposition de l’armée russe. Le bizutage violent et humiliant n’est pas l’apanage de la seule armée russe. En Chine, cette pratique est courante. Une amie chinoise dont un de ses amis (dit frère) a intégré l’armée le confirme en rapportant son histoire. A la sortie de l’université, discipliné, il choisit de rejoindre l’armée au simple titre de soldat de deuxième classe alors qu’il pouvait intégrer immédiatement l’école des officiers. « Il voulait être imprégné du quotidien des soldats afin de mieux les commander plus tard ». Un choix étonnant compte tenu de la course à l’ascenseur social qui anime le pays. Il tomba de haut. Lors des classes (période à laquelle tout nouveau bleu reçoit un formatage et acquiert les bases de la vie militaire), il subit avec ses collègues de promotion de nombreuses brimades qui vont du tabassage collectif en passant par manger ses excréments. Racket, vol, sous couvert d’une discipline de fer est alors son lot quotidien pendant cette période de transition. « Les officiers supérieurs sont complices. Ils ne participent pas directement mais ils ferment les yeux ». Les témoignages sont rares et tout ce qui touche à l’uniforme provoque une certaine crainte ou réserve. Cette amie n’a pas justifié ces actes. Ni indignée, ni ton réprobateur, sa parole s’apparentait à de la fatalité ou au commun.

par Guillaume publié dans : albertchine
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Lundi 23 janvier 2006

Trois mois sans rien écrire. C'est long dans la bloggosphère. Mon chinois est encore primaire et j'ai encore souvent besoin d'amis pour me faire les traductions. Pendant ce temps, j'ai observé et laissé au repos le flot d'informations qui me parvenait tous les jours. Je me retrouvais incapable de faire une synthèse. Je n'arrivais plus à décrire ce qui était devenu pour moi un quotidien. Plus préoccupé par ce dernier. Ma naïveté du début avait disparu au profit de mon aveuglement de la routine. Je vais dans le même supermarché, voir mon même marchand de légumes. Tous les jours je remonte des rues qui me sont familières. On me dit bonjour. Au tabac du coin je n'ai même plus besoin de demander. Au restaurant mulsuman de Huju lu, on me sert en priorité. Mohammed et Ali me serrent la main lorsque je vais leur acheter des brochettes. Les serveuses du restaurant rouge où j'ai mes habitudes s'arrêtent dans la rue pour me dire bonjour et converser dans un mauvais anglais. Ils connaissant mes habitudes. J'appartiens maitenant à leur quartier. Alors qu'un jour il pleuvait des trombes, le coiffeur se précipita vers moi et me donna son parapluie. Je leur suis devenu familier. On me fait des ristournes. Dans la boutique de DVD, Elle me fila les six saisons complètes the WEST WING, anglais français, pour 220 yuans au lieu des 294 affichés. Souvent je ne connais pas leurs noms mais eux savent comment je m'appelle : Yo Ma faguoren. Guillaume le français.

C'est avec les vacances d'hiver, que m'on emploie du temps est vide que j'ai à nouveau décidé de replancher sur la vie quotidienne de ce peuple que j'admire et qui parfois m'agace.

par Guillaume publié dans : albertchine
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Samedi 27 août 2005

Enfin. L'idée a germé et a prospéré. Je viens de créer un blog de petites annonces de particulier à particulier en lien avec la Chine. Toujours en construction. Recherche d'informations, offres de co-location, de logements, demandes en tout genre, vous avez à vendre quelque chose... Il est fait pour vous. Un service utile pour la mafia française qui se penche sur la Chine. Trouvetoutchine

 

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par Guillaume publié dans : albertchine
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Vendredi 26 août 2005

Vu qu'il existe une sorte de mafia de chinabloggers, je vous propose d'ouvrir mon blog à toutes les petites annonces qui pourraient intéresser des Français en partance pour la Chine ou d'expatriés qui cherchent des objets, services... auprès d'autres expatriés. Offres d'emplois, de stage, de services, de logements, d'informations.

Je n'ai aucune volonté de concurrencer les forums ou d'amplifier mon traffic de manière détournée. Il s'agit simplement de rendre service, d'appliquer un principe qui m'est cher la solidarité.

Pour cela vous pouvez m'envoyer votre annonce par mail, que je mettrai en ligne séance tenante : à gbernardeau@hotmail.com.

Soyez en sûr de la sincérité et du respect de l'offre.

par Guillaume publié dans : albertchine
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Lundi 8 août 2005

J'ai les boules. Franchement énervé. Je viens de recevoir la somme de mon impôt sur le revenu de 2004. Et elle est rondelette compte tenu que je suis salarié dans la plus grande entreprise de France depuis 4 mois : l'ANPE. Craché presque 1300 euros alors que je dois financer par mes propres moyens mon séjour à nanjing, j'ai envie de plastiquer le trésor public. A la Corse quoi. Je ne pensais pas payer autant. Et là je suis au pied du mur. Cela réduit mes marges de manoeuvre pour piger et trouver un boulot là-bas, ce qui ne sera pas partie gagnée. En faisant mes calculs au plus près  : le budget mensuel ne devra pas dépasser 300 euros. Sans compter mon petit prêt étude qui grève le budget. Je vais jamais m'en sortir. Dur, ce sera dur. Etre précaire et vivre dans un taudis, je connais. Cela fait cinq ans que je l'expérimente. Cela fait partie des joies du journalisme. Précaire tu commenceras, galérien tu resteras.

Bref, La nouvelle de ce matin m'a mis un coup sur la cafetière. Déjà je venais d'apprendre que le conseil régional des Pays de la Loire me refusait l'aide demandée. Depuis l'arrivée des socialistes en 2004, ils ont mis en place des subventions pour des formations à l'étranger. Sauf ce qui est bien avec les universités chinoises, il n'existe quasiment aucun accord bilatéral à moins d'être un ingénieur ou un doctorant en je ne sais quoi. On m'avait fait espérer 2.500 euros. Ils ne sont jamais tombés. Et pour terminer le clou de cette matinée, la banque m'appelle. Le directeur ayant appris mon intention de partir me demande si je pense à mon capital de retour, qu'il serait préférable de penser à rembourser mon prêt étude. Bah non. Mon capital de retour, nada gars jule. Qu'est-ce qu'il croît ! je ne pars pas en vacances. Dans le boulot je j'ai jamais eu de visibilité au-delà de trois mois, dans le meilleur des cas. Alors, pensez-donc dans un an.

Le temps d'un instant, j'ai douté. Remis en cause mon départ. Je préssens que je vais en baver. peut-être trop. D'ailleurs cela fait cinq ans que cela dure. Mais en cas d'alerte, il y avait toujours possibilité de se réfugier chez les parents. Alors qu'en Chine, pas de base arrière. Tout seul.

Tenace je le suis, tenace je continuerai à l'être ? C'est usant de se battre san cesse pour trouver un boulot, se faire payer les piges, trouver des reportages, convaincre le chef de service ou le rédac chef... C'est usant de courir pour au final récolté si peu. C'est lassant de se nourrir de frustration et de désillusion. C'est lassant et déprimant de nager avec une ancre pour respirer. Il y a parfois on a envie de se faire exploser le caisson, rapide et sans douleur. De quitter la merde dans laquelle on se noie.

PUTAIN !!! Trente piges. Rien ne s'améliore. Au contraire, de précarité en précarité, la misère me guette au tournant. Il faut rester éveiller, en alerte pour éviter qu'elle me prenne au piège. Il ne faut jamais relâché sa garde. Parfois j'ai envie de pleurer, mais j'en ai pas le droit. Parfois je m'en veux : pourquoi je me suis cassé le cul à faire un dess. De géopolitique de surcroît. En résumé de la branlette intellectuelle.  T'aurais éviter un emprunt. Pourquoi t'es pas parti faire un apprentissage chez un artisan. Tu aurais un boulot, un appartement. Une vie et peut-être même une copine.

Trente pige et un célibat qui vous colle à la peau depuis des années. Dans la précarité, on apprend à vivre seul. Personne ne vous aimera assez  pour partager vos souffrances. Journaliste quelle connerie. Un crève misère. On cumul les boulots, les CDD, les piges, les stages... On vit à l'hôtel (le formule 1 d'à côté, à l'auberge de jeunesse, dans les gîtes, chez les collègues... Pas de stabilité et pas de sécurité. Quelle femme s'engagera-t-elle dans cette voie. D'ailleurs elles ont raison de nous ignorer. Parfois, j'ai vraiment envie de me faire sauter le caisson. Bah, cela passera comme d'habitude.

PS : une petite note que je rajoute en milieu de journée. Un collègue a préféré jouer au pendu hier soir. Je savais qu'il n'était pas en grande forme. 10 ans de galère dans le journalisme l'avait anéanti. Putain de journée. A trois semaines du départ, j'ai vraiment le moral en berne. Quand je pense que c'est le quatrième que j'enterre en trois ans...

par Guillaume publié dans : albertchine
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