Pater reporter

 

"Chine : chaos, éclat de rire devant le droit de l'homme. Un mobile : l'argent. Un but : l'or. Une adoration : la richesse". La chine est en folie. Albert Londres, 1925.

 

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Vendredi 10 février 2006

Wu Xianghu avait dénoncé l'arbitraire policier à Taizhou.

par Philippe GRANGEREAU (Liberation)
mardi 07 février 2006

Les journalistes chinois qui font leur travail risquent souvent la prison et parfois la mort. Wu Xianghu, le rédacteur en chef adjoint du journal de la ville de Taizhou, dans l'est de la Chine, est décédé le 2 février, des suites de ses blessures, infligées par des policiers contrariés par l'un de ses articles. Publié le 19 octobre dernier, celui-ci épinglait les tarifs excessifs pratiqués par la police d'un district de la ville pour l'obtention d'un permis de conduire. Le chef de la police de la circulation s'est rendu dans les locaux du journal afin d'exiger des excuses publiques pour cette stigmatisation, très inhabituelle en Chine, de l'arbitraire policier. Devant le refus de la rédaction, celui-ci a appelé à la rescousse une cinquantaine de policiers qui ont rossé Wu Xianghu devant ses collègues. Il a été hospitalisé peu après. Les médecins ont diagnostiqué une très grave lésion du foie du journaliste qui avait subi une transplantation de cet organe deux ans plus tôt. Une autre opération a été tentée pour le sauver. En vain. «Je suis fier de lui car c'était un excellent journaliste qui a toujours recherché la liberté de parole», proclamait sa veuve le lendemain de sa mort. Mais hier, sans doute en raison des pressions policières, elle regrettait de «ne plus pouvoir s'exprimer au téléphone». Après que la presse étrangère, puis chinoise, a relaté l'incident, les autorités ont annoncé que le policier responsable, Li Xiaoguo, avait été «exclu du Parti communiste» puis «discipliné». Il y a peu de chances qu'il soit jugé, comme le souhaite la rédaction de Taizhou-Soir. Les autorités ont interdit à la presse chinoise d'annoncer le décès du reporter.

L'intolérance du pouvoir envers les rares journalistes qui ne pratiquent pas l'autocensure s'est faite plus manifeste ces dernières semaines. Un reporter de Fuzhou a été condamné fin janvier à trois ans de prison pour avoir «propagé des informations alarmistes» (mais exactes) sur une épidémie de dengue en 2004 dans le Fujian. Deux autres reporters se sont vu infliger des peines allant jusqu'à dix ans de prison pour avoir édité un magazine sans autorisation. Les censeurs ont aussi fait fermer le supplément du Quotidien de la jeunesse de Chine, connu pour ses articles dérangeants.

par Guillaume publié dans : Veille de la presse
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Vendredi 4 novembre 2005

J'ai toujours été un grand auditeur des radios d'information. Et depuis mon arrivée en Chine, cette habitude me manquait. L'internet répond à mes désirs. Et je me fais plaisir à écouter nos chers radios. De Chine, mon regard semble avoir changé sur les évènements en France. Moins concerné mais dès qu'il est question de ce pays qui fait tant peur aux Français, je cherche la faille de la présentation, j'analyse le moindre détail, je compare avec ce que j'observe tous les jours. Bref, c'est en surfant que j'ai découvert que BFM (la radio éco) diffuse chaque samedi de 18 h à 19 h et rediffuse chaque dimanche de 7 h à 8 h et de 15 h à 16 h (heure française) une émission appelée Chine hebdo. Sur le site l'accès aux archives est libre.

Dernières interviews : Pierre Haski, le réseau Colbert (les produits de luxe) et Murmure communication.

par Guillaume publié dans : Veille de la presse
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Jeudi 3 novembre 2005

Je ne pouvais pas passer à côté. Figurant à la grande messe des Jeux nationaux de Nankin, je m'étais déjà interrogé sur ma participation. Propagande héritée des travers du communisme ? Il semble que l'editorial de la revue de presse le Vent de la Chine m'offre enfin la réponse.

JEUX NATIONAUX À NANKIN - CARTON JAUNE !

Adieu à Rong Yiren, le milliardaire rouge (26/10)

Les 12- 23/10 à Nankin, les 10. Jeux Nationaux déployèrent leurs fastes, «mini-JO» à 34 mois d’avance et1MM€ d’ infrastructures—stade de 70.000 places, centre de presse, voie express. 9986 athlètes étaient là, en 46 équipes.

Célébré par J. Rogge, Président du CIO – le Comité international olympique, le résultat sembla à la hauteur, à première vue : 350 épreuves, 32 sports, 6 records du monde battus...

Mais vite émergea une autre image, celle du scandale et de la «farce» (dixit China Daily).

26 cas de dopage furent dénoncés, dont celui de Sun Yingjie, argent au 10.000m femme. On vit des victoires truquées et des athlètes spoliés rendre leur médaille ; un combat de judo fut bizarrement «gagné» en 1 seconde. Même l’afflux des «fans» dans les gradins était «bidon», ballet géant réglé pour la TV…

Ces manipulations exposent l’écart entre la pratique internationale du sport,et son travestissement local par des apparatchiks mous et corrompus. Le sport en Chine est aux mains des provinces, et son but (loin de l’accomplissement de soi ou de l’esprit d’équipe) est l’image de la puissance locale, qui se mesure en médailles.

De ces Jeux de Nankin, le Jiangsu sort logique vainqueur avec 56 ors, qu’il a payé 33M€ (coût de la préparation de son équipe en 2005). Le n°2 : Canton, avec 46 ors, payés 28M€. Le n°3 est l’APL (44 ors). Ceci, sans compter les primes versées aux vainqueurs : budget de 2M€ au Jiangsu, 1M€ à Canton.

Mais quand le public découvre cette cuisine pré-olympique, son sentiment est plus proche de l’ire, que de la gloire!

Cette crise couvait de longue date –signe de sclérose d’un concept du sport depuis trop longtemps inféodé à la politique. Sur ces Jeux, le sociologue Zeng Yefu s’exclame : «produit de l’économie planifiée, les JN auraient dû mourir avec elle!» Pour les J0 de 2008, Liu Chaoli, Secrétaire général de l’AAC prédit, « 2 ors, 4 ou 5 médailles, pas plus!»  

A Helsinki, aux  championnats du monde  d’athlétisme, la Chine n’a eu qu’un seul argent, qui la classe 26e, comme la Tanzanie! L’échec sanctionne aussi la désaffection des jeunes, qui refusent l’esclavage du lycée sportif, visent l’université et une carrière, que le sport officiel ne peut leur offrir.

Face au tollé des Jeux de Nankin, l’autorité n’a qu’une réponse : envoyer, en 2006, le double d’athlètes en compétitions hors du pays. Mais face à la crise de confiance, et aux tares révélées, on est loin du compte !

Copyright © 1996-2005 CHINA TRADE WINDS (HK) Ltd.

*Le vent de la Chine (à voir dans mes liens). Pour recevoir à la revue de la presse, il faut s'abonner.

par Guillaume publié dans : Veille de la presse
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Dimanche 30 octobre 2005

Le Monde et Libération traite de la politique de Beijing vis-à-vis du Tibet. L'un approuve, l'aure condamne. Analyse de Media Rating qui est une agence de notation des médias. Leurs critiques sont souvent acerbes. 

Habitués aux prises de position du Monde, voix des opprimés et des victimes de l’impérialisme et de la colonisation, c’est avec stupeur que les lecteurs du Monde ont découvert dans le numéro daté du 22 octobre 2005 un véritable hymne à la politique chinoise de mise en coupe réglée du Tibet.

Très subtilement, cet article intitulé « Pékin approfondit l'intégration du Tibet dans l'espace chinois par le chemin de fer », cautionne la politique criminelle de la Chine qui, faut-il le rappeler, a envahi le Tibet en 1949 et l'a colonisé entièrement au point de progressivement remplacer la population autochtone par des Chinois. Ainsi, entre 1949 et 1979, plus de 1 200 000 tibétains sont morts sous l'occupation chinoise.

Dès le titre de l’article, le décor est planté : on ne parle pas de « colonisation » mais « d’intégration ». Cette idée sera reprise dans le corps de l’article : « Pour Pékin, il s'agit de développer une zone économiquement "arriérée" tout en poursuivant la sinisation d'un Tibet historiquement rétif à l'intégration ».

Notons tout de même que le terme de « colonisation » apparaît dans l’article, mais entre guillemets comme pour mieux s’en distancier : « un trafic estimé à 900 000 voyageurs l'an permettra également à Pékin de poursuivre la "colonisation" du Tibet par l'ethnie Han ». Mais tout ceci ne semble pas perturber le journaliste du Monde

Enfin, l’article se termine par une véritable ode à la puissance chinoise et à l’écrasement du Tibet : « L'achèvement de ce projet a été l'occasion pour le régime de célébrer "un triomphe sans précédent dans l'histoire humaine" , comme l'a dit le président, Hu Jintao. Dans un éditorial, le quotidien anglophone China Daily vient de faire le parallèle avec le récent succès du deuxième vol habité chinois dans l'espace en remarquant que ces deux réalisations "sont la résultante de la montée en puissance tous azimuts de notre force nationale". Plus que jamais, le Tibet sera chinois ».

Notons aussi que cet article utilise un vocabulaire qui semble tout droit extrait d’un argumentaire commercial écrit au siège du Parti Communiste Chinois : il est question d’une véritable « Prouesse technique», du « train le plus haut du monde », d’un « impressionnant projet ferroviaire destiné à désenclaver… », d’un « projet pharaonique ». « Les premières classes seront pressurisées… et disposeront de restaurants de luxe ».

Oubliés les ravages écologiques causés par la politique des grands barrages ! Dans leur grande sagesse, les autorités chinoises prennent désormais les problèmes d’environnement en considération. Ainsi, approuve notre thuriféraire, « sur le plan écologique, les autorités semblent, pour une fois, avoir pris conscience des nécessités de protéger la flore et la faune dans des zones encore préservées de toute industrialisation : plus de 200 millions d'euros ont été consacrés à la protection de l'environnement, notamment pour épargner des espèces rares d'oiseaux et d'antilopes. »

Nous voilà rassurés sur les bonnes intentions des dirigeants chinois à l’égard des animaux tibétains !

Et pour les femmes et les hommes tibétains ?

Pourquoi Le Monde est-il aussi complaisant avec l’occupation chinoise du Tibet ?

Pourquoi Le Monde, qui avait déjà consacré en octobre 2003 une large et exorbitante couverture au lancement du premier cosmonaute chinois (appelé « taïkonaute »), s’aligne-t-il sur les positions chinoises ?

 A l’époque, nous avions déjà constaté que l’office du tourisme chinois avait acheté de nombreuses pages de publicité dans Le Monde dans les jours qui avaient suivi. Sans doute un pur hasard…

Il est vrai que ces pages de publicité sont autrement plus rémunératrices que les annonces de conférences du Dalaï Lama !

A moins que Le Monde ait une fois de plus décidé de coller à la ligne diplomatique défendue par le Quai d’Orsay : cautionner les dictatures, du moment qu’elles s’opposent au Etats-Unis.

Mais peut-être reste-t-il encore quelques maoïstes au sein de la rédaction du Monde…

 A l’inverse de l’incroyable cynisme du Monde, nous avons observé que Libération du 25 octobre 2005 a sauvé l’honneur de la presse française en adoptant une position radicalement opposée sur le même sujet : « La colonisation chinoise sur les rails au Tibet »

Ainsi, si Libération a aussi salué « la prouesse technique » de l’ouvrage, il n'en a pas moins condamné sa dimension politique en s’exprimant de façon très explicite - « colonisation », « colons », « génocide culturel » - tout en mettant en doute la version officielle chinoise, notamment sur les conditions de travail du chantier.

 Source : Media Rating

par Guillaume publié dans : Veille de la presse
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Mercredi 27 juillet 2005

REUTERS (tiré de libération.fr du mercredi 27 juillet 2005).

De nouvelles émeutes ont eu lieu à Quianjin à 700 km au nord-ouest de Pékin. 2.000 agriculteurs manifestaient contre la construction d'une autoroute sur leurs terres, sur lesquelles ils ont été expropriés.  On recense plusieurs blessés. Les émeutes se multiplient donc en Chine. En 2004, 74.000 ont été recensées contre 10.000 en 1994.

http://www.liberation.fr/page.php?Article=313053&Template=GALERIE&Objet=42464 (article dans libération.fr du 27 juillet).

Autres émeutes dans les mois précédents.

Trouvé dans le Monde du 4 juillet. http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3216,36-668979@51-627860,0.html

Pour compléter et mieux comprendre ces frondes paysannes ou ces jacqueries, je vous renvois au lien suivant du site china-news. Article tiré d'une dépêche de Reuter mis en ligne le 5 juillet 2005.

http://www.chine-informations.com/modules/news/article.php?storyid=1674 

Résumé : les saisies des terres par les autorités locales affichent une baisse. Néanmoins, elles continuent toujours à provoquer la colère des paysans, les compensations sont en effet inadaptées.

par Guillaume publié dans : Veille de la presse
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