Pater reporter

 

"Chine : chaos, éclat de rire devant le droit de l'homme. Un mobile : l'argent. Un but : l'or. Une adoration : la richesse". La chine est en folie. Albert Londres, 1925.

 

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Dimanche 16 avril 2006

Le contrôle de la politique familiale en Chine est une des plus restrictives au monde. Néanmoins, si la politique de l’enfant unique a été reconduite, les termes de son application ont été allégés.

 

Le gouvernement relâche sa pression sur la politique familiale. La restriction de l’enfant unique reste l’apanage mais les sanctions envers les familles qui choisissent plusieurs enfants ont été allégées. L’autorisation pour avoir un enfant auprès du comité de quartier n’est plus systématique. Néanmoins les familles qui choisissent de ne pas respecter l’enfant unique doivent s’acquitter d’une taxe restant encore fortement onéreuse pour la majorité de la population. La politique de l’enfant unique a donc de beaux jours devant elle. Pour autant ce virage en douceur doit prévenir d’une baisse importante de la population qui aura des effets économiques indéniables sur la vitalité du pays. Ce que les autorités redoutent. La formidable croissance de ces vingt dernières années pourrait se retrouver menacée. Un de secrets de sa réussite est son nombre. La Chine compense sa très mauvaise productivité par cette dernière.

Dans un village proche de Nanjing, les chefs de village, dépositaires de l’autorité où s’harmonisent des traditions teintées de tribalisme et le zèle réglementaire propre au communisme, semblent bien loin des nouvelles intentions du gouvernement sur l’allègement du contrôle de la politique familiale. Un jeune couple n’ayant pas l’âge requis pour se marier (l’âge légal est de 22 ans) passe outre la loi et s’unissent officieusement. Personne ne trouve à redire. Dans le village ce n’est un secret pour personne. La femme vit chez l’homme, symbole de leur union. Mais tout se gâte lorsque la jeune mariée tombe alors enceinte. Les chefs de village font alors pression sur les mariés pour qu’ils procèdent à l’avortement. Les uns et autres campent sur leur position, jusqu’au jour les autorités menacent d’emmener de force la jeune femme dans le centre le plus proche. Elle s’enfuit, l’homme restant au village. Elle se cache dans sa famille, mais elle est retrouvée par les chefs du village. Une nouvelle fois elle fait ses valises et part se réfugier chez son ancienne nourrice. Elle est de nouveau retrouvée. Elle est harcelée. Devant l’impasse, le jeune marié cache sa femme dans l’entreprise où il travaille, dont le directeur est un Français. Parmi les bureaux, la salle de repos est transformée temporairement en refuge. Le jeune marié ne peut pas cacher la vérité à son patron. Plein d’empathie face à un problème dont personne ne comprend les ressorts, il autorise son ouvrier à cacher sa femme dans l’entreprise. Son accouchement ne devrait plus tarder et le jeune entrepreneur français prend un soin particulier à surveiller le moindre intrus. « Je les attend. Et s’ils osent pénétrer dans mon entreprise, ils sauront de quel bois je me chauffe », me confie-t-il. La situation semble s’être calmée. La protection d’un patron étranger semble refroidir les ardeurs des chefs de village. Mais reste encore la question de l’infanticide. Et par précaution elle devra encore se cacher. « Ils n’ont pas le droit d’avoir d’enfants s’ils ne sont pas mariés. Mais là je ne vois pas le problème », s’interroge cet ami français.

Pour ceux qui veulent faire une petite mise au point sur la politique de l’enfant unique, je les renvoies sur le blog de Céline qui a réalisé un très bon topo de la réglementation.

par Guillaume publié dans : petites curiosités
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Dimanche 16 avril 2006

Périple d'un automobiliste souhaitant aidé une victime d'accident et qui est confronté au jeanfoutisme des autorités.

L’histoire est hallucinante et met en lumière sur l’état chaotique de la prise en charge des victimes d’accident. Elle m’a été rapportée par un ami français. Un de ses collègues chinois, revenant de mission, est arrêté par un chauffeur routier en panique qui venait de renverser un cycliste (Il était sur un vélo à moteur électrique). Il appelle la police mais celle-ci peut enclin à répondre à l’urgence lui dit de se débrouiller avec le blessé et de l’emmener à l’hôpital le plus proche. Embarrassé, il prend ses précautions et fait des photos. Au cas où la situation se retournerait contre lui. Il met le blessé dans sa voiture et part à la recherche d’un hôpital le plus proche dans la banlieue de Nanjing. Il en trouve un premier. On lui rétorque qu’ils ne peuvent pas prendre le blessé, ils sont seulement un centre de soin de quartier. Son état est trop grave. Il ne reçoit aucune aide de la part du centre de soin. Il doit se débrouiller encore une fois et file vers un autre hôpital. Après une dizaine de kilomètres, il en trouve un autre. Il se fait encore une fois refoulée, le blessé allongé sur sa banquette arrière, dégoulinant de sang. On lui fait remarquer que c’est une clinique privée qui dépend des entreprises environnantes. Il se décide alors d’aller dans le centre-ville de Nanjing. Sur la route il croise des policiers. Ses derniers veuillent bien l’accompagner mais arrivés aux abords du centre ville, il le laisse en plan. Sans perdre de temps il se dirige vers l’hôpital central, sûr qu’on veuille bien prendre en charge le blessé. Arrivé enfin aux urgences, les médecins constatent le décès. L’homme avait 50 ans et deux enfants. Il faisait tous les jours des dizaines de kilomètres pour trouver des petits boulots. Il n’y aura peut-être pas de suite. La police n’est pas venu constater l’accident et la victime est décédée dans l’indifférence d’un système qui privilégie la rentabilité.

Au regard de cette histoire, la Chine a encore un long parcours pour être considéré comme un pays développé et non plus en voie de développement. Si on s’arrête aux seuls chiffres de la croissance, de son PIB et des transactions, elle est dans le peloton de tête des pays industrialisés. Néanmoins, elle ne gagnera ses galons que le jour où son système social dépassera l’esquisse et l’ébauche.

Le système de santé en Chine est en pleine réforme, la loi du marché et le manque de régulations contribuent aux pratiques douteuses. Il y a l’hôpital pour les gens aisés et les pauvres. En appui sur cette affirmation, je joins un article du centre de recherche pour le développement international situé au Canada : http://archive.idrc.ca/books/reports/2001/04-02f.html

 

par Guillaume publié dans : petites curiosités
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Mercredi 1 février 2006

En face du 1912, le quartier des boîtes de nuit, de l’autre côté de Taiping Beilu, se situe ce que j’appelle le Pigalle de  Nanjing. Dans un maillage croisé de petites rues, se concentre des centaines de prostituées. Dès la nuit tombante, et ce jusqu’au petit matin, elles attendent le client, jeune ou vieux : 200 à 500 yuan la passe. Les boutiques se succèdent les unes collées aux autres. Une à cinq filles par établissement. Elles dorment là, vivent là, mangent là. Dans des conditions précaires. Leurs sorties à l’extérieur sont rares et contrôlées. (Il n'y a pas de racollage) Même le temps pour fumer une cigarette. Et lorsque la nuit se fait plus sombre et que l’agitation de la rue s’est atténuée, des 4x4 sillonnent les rues. Des hommes en sortent et vont de boutiques en boutiques. Ils restent le juste le temps de recueillir la manne de la soirée et de la veille. De temps à autres, ils embarquent une fille. Ils la traîneront dans les bars et boîtes et...

par Guillaume publié dans : petites curiosités
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Mercredi 1 février 2006

Elle est partout. Elle surveille, contrôle, protège mais elle se fait invisible. La mafia chinoise suscite curiosité et crainte.

 

Il est difficile de récolter des renseignements sur la mafia chinoise. Souvent ce sont de simples banalités transversales à toutes les mafias qui sont mises à jour. Depuis mon arrivée, je n’ai récolté que des bribes d’informations, des anecdotes, des rumeurs. Au détour d’une discussion avec un patron de boîte trop bourré ou celui de témoignages de laowai qui ont assisté en pleine rue à des règlements de compte.

Hang jing est le patron de plusieurs discothèques connus dans le Jiangsu. Il est entre autre propriétaire des Scarlet (deux à Nanjing et une à Suzhou) et d’un bordel de luxe, le Lafayette Club à Nanjing. Un peu éméché, accompagné d’une escort girl, il raconte ses mésaventures avec la mafia. Ses affaires ne marchaient pas trop mal, l’ouverture de sa nouvelle boîte, le small Scarlet était devenu la référence dans les nuits pauvres de Nanjing, il décida donc de se passer de la protection de la mafia. Sans tarder, celle-ci lui rappela avec fermeté la nécessité d’une protection. Un gang de rue sous contrôle sous de la mafia locale, armé de machettes et de haches prirent d’assaut son bureau et le blessa à coup de haches. Effrayé par ce coup de force, il paya ses cotisations comme convenus. Quelques temps plus tard, lassé d’engraisser les gangs locaux, il décida à nouveau avec son partenaire d’affaire, un camerounais, de ne plus se payer les services imposés de la mafia. Nouvelle intervention de cette dernière mais ils réussirent à fuir. Hang jing se cacha pendant un bon mois et s’entoura de garde du corps. Le temps que les choses se calment. Face au mur et dans l’impossibilité de s’opposer, il envoya des émissaires pour régler le problème. Il n’a eu d’autres choix que de payer. Depuis la leçon semble bien avoir été apprise, non seulement il paye la protection mais doit fournir à ses frais une salle VIP avec boisson aux gangs locaux qui ne se privent pas d’un tel cadeau. Régulièrement, on les devine dans la discothèque, assis toujours dans la même salle VIP. Sous leur manteau, plus ou moins dissimulées, ils cachent leurs armes blanches.

A la sortie des boîtes de nuit, de nombreux laowai ont été témoins d’assassinats. Il y a quelques mois, un homme est abattu à coup de révolver devant la porte d’entrée du Small Scarlet. Trois semaines plus tard, c’en est un autre qui tombe sous 18 coups de couteaux, au même endroit. Au Big Scarlet, un jeune homme échappe de la mort de justesse : le coup de machette ne lui pas été fatale. Aucun des témoins étrangers n’a été convoqué par la justice ou la police pour raconter ce qu’ils ont vus. Ces histoires se règlent dans l’ombre de la corruption et des luttes de pouvoir entre mafias et police.

De nombreux mafieux et gangs locaux, de par une corruption généralisée, entretiennent des relations très étroites avec la police ou avec les potentats locaux qui leur assurent une certaine protection. Il y a deux semaines, le nouveau chef de la police voulant mettre la main sur le quartier des boîtes de nuit a bouclé le secteur pendant une semaine. Chaque propriétaire d’établissements devait se soumettre sous forme d’enveloppes. Depuis peu rouvert, on ne connaît pas la fin du mot de l’histoire.

La mafia est partout présente. Elle se fait invisible aux yeux des étrangers et ne s’intéressent pas eux. A moins que ces derniers rentrent dans le business de la nuit. Et dans ce cas ils n’auront d’autres choix que de se plier à leur volonté. Ou s’ils refusent c’est la mort au coin de la rue. Cela a été le cas de deux Américains assassinés à Shanghai en octobre dernier pour être entré dans le business de la drogue.

 

par Guillaume publié dans : petites curiosités
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Mercredi 9 novembre 2005

Les jeux nationaux de Nankin avaient révélé les travers de la pratique sportive professionnelle. Même en amateur ces dérives s'observent. Illustration avec l'histoire de Romain, un ami français, qui a participé à une compétition d'athlétisme au sein de l'université.

Romain n’est pas un gars à faire des histoires. Il ne recherche ni médaille, ni honneur. Mais il n’apprécie pas du tout de se faire léser pour des raisons ambiguës. Invité à participer à une compétition d’athlétisme au sein de l’université, le professeur de sport qui l’entraîne l’engage sur le 1.500 mètres et le 5.000 mètres. Se sentant peu à l ‘aise sur le 1.500 mètres, il n’avait cessé de répéter que sa spécialité restait le semi-marathon et le marathon. Le jour venu de la compétition, il finit sixième au 1.500 mètres sur 50 partants. Une bonne place. Le lendemain au 5.000 mètres, il termine deuxième. Personne ne l’attendait à accumuler deux performances de suite. Étant le seul laowai, ses résultats semblent agacer les organisateurs. Tout le monde vient le féliciter. Mais derrière ses sourires, il ne s’attendait pas être disqualifié pour des raisons obscures. Les organisateurs font en sortes de l’éloigner lors de la remise des médailles sur le podium. On lui explique qu’il y a un problème. Ne se satisfaisant pas de cette seule réponse, il ne lâche pas prise. Obstiné à avoir une réponse, il demande à rencontrer le responsable de la compétition, qu’il obtient après maintes reprises. Gêné, on lui indique que le professeur l’a inscrit sous un autre nom, un candidat qui n’est pas venu. Ne comprenant pas très bien chinois, il sent que les responsables tentent de se mettre d’accord sur la réponse à lui donner. Douteux par la confusion des explications, il réclame les numéros de téléphone afin d’avoir de plus amples réponses plus tard. Il en fait une question de principe. La médaille ne l’intéresse pas. Il veut savoir pourquoi on l’a mis véritablement hors-jeu. Il contacte alors deux jours plus tard la directrice de notre département de langues étrangère. Elle était déjà au courant et lui affirme qu’une solution sera trouvée rapidement. Bizarre. Il en reste étonné. Son obstination semble confondre les responsables de l’université.

Si l’histoire de Romain peut paraître anecdotique, elle donne néanmoins l’ampleur des pratiques sportives en Chine. Les jeux nationaux à Nankin ont été l’illustration de ce qui pouvait se passer en professionnel. Les disqualifications abusives pour favoriser tel ou le compétiteur, la triche et la corruption deviennent des variables d’ajustement incontournables dans le schéma de la victoire à la chinoise. Romain aura sa médaille, discrètement. Les responsables auront ainsi sauver leur face, même pris en flagrant délit de triche.

par Guillaume publié dans : petites curiosités
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